Le Sphinx de Guizeh

Créature

Aussi connu·e sous : Horemakhet (nom égyptien : 'Horus dans l'horizon')

Égyptiens anciens

Statue colossale à corps de lion et tête humaine, gardienne du plateau de Guizeh, généralement associée au visage du pharaon Khéphren et identifiée dans l'Égypte antique tardive au dieu Horemakhet.

  • protection royale
  • gardiennage
  • soleil levant

En détail

Le Sphinx de Guizeh est une statue colossale d'environ 73 mètres de long et 20 mètres de haut, taillée directement dans le calcaire du plateau de Guizeh, près du Caire, au pied des grandes pyramides. Il associe un corps de lion couché à une tête humaine coiffée du némès, le couvre-chef rayé réservé aux rois. La plupart des égyptologues l'attribuent au règne de Khéphren, sous la IVe dynastie (vers 2500 avant notre ère), en raison de sa position à côté de la chaussée menant à la pyramide de ce roi. Le lion à tête royale exprimait la force du souverain, gardien des lieux sacrés.

On ignore quel nom lui donnaient ses bâtisseurs, car aucun texte de l'Ancien Empire ne le mentionne. C'est au Nouvel Empire, un millénaire plus tard, qu'il devient l'objet d'un véritable culte sous le nom d'Horemakhet, « Horus dans l'horizon », une forme du soleil levant. Aménophis II lui fait construire un temple à proximité, et Thoutmôsis IV fait dresser entre ses pattes la stèle du Rêve : le texte y raconte que le jeune prince, endormi à l'ombre du monument ensablé, vit le dieu lui promettre la royauté s'il le libérait du sable. À la même époque, des travailleurs venus du Levant l'identifient à Houroun, un dieu cananéen, preuve que la statue était perçue comme un être divin agissant et non comme un simple monument.

Le Sphinx a conservé cette aura bien après la fin de la religion pharaonique. Les auteurs arabes le nomment Abou al-Hol, « le père de la terreur ». L'historien al-Maqrizi, au XVe siècle, rapporte qu'en 1378 un soufi nommé Muhammad Sa'im al-Dahr mutila son visage, choqué de voir des paysans lui faire des offrandes pour obtenir de bonnes récoltes. Dégagé à plusieurs reprises du sable qui l'ensevelissait régulièrement, en particulier lors des fouilles de Selim Hassan dans les années 1930, il a été étudié en détail par Mark Lehner, dont les travaux confirment la datation à l'Ancien Empire contre les théories qui voudraient le vieillir de plusieurs millénaires.

Attributs

  • corps de lion
  • tête humaine coiffée du némès royal

Culte contemporain

Reste l'un des monuments les plus visités et symboliquement chargés au monde, objet de nombreuses théories non académiques quant à son âge et sa fonction d'origine.

Notes

À distinguer des théories pseudo-archéologiques (datation 'pré-dynastique' fondée sur l'érosion, connexions extraterrestres, etc.) largement diffusées dans la culture populaire mais rejetées par le consensus égyptologique.

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Sources

  • Lehner, M. (1997). The Complete Pyramids
  • Hawass, Z. (2006). Mountains of the Pharaohs

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