Bès

Divinité

Aussi connu·e sous : Bes

Égyptiens anciens

Dieu protecteur nain à l'apparence difforme et grimaçante, censée effrayer les esprits malveillants. Protecteur du foyer, des femmes en couches et des jeunes enfants.

  • protection domestique
  • accouchement
  • joie
  • danse

En détail

Bès est un petit dieu protecteur de l'Égypte ancienne, à l'allure volontairement déroutante : un nain trapu aux jambes arquées, au visage large et grimaçant, souvent la langue tirée, avec une crinière, des oreilles et parfois une queue de lion, coiffé d'une couronne de hautes plumes. Il n'était pas le maître d'un grand temple ni le héros de grands mythes. Sa force tenait à sa proximité : on le trouvait dans les chambres, sur les appuie-tête, les lits, les miroirs, les pots à fard et les amulettes, partout où il fallait tenir à distance serpents, mauvais rêves et esprits malfaisants. C'est l'une des figures les plus présentes dans ce que les égyptologues appellent la religion domestique, celle des familles plutôt que des prêtres.

Son visage effrayant était une arme. Bès dansait, jouait du tambourin, brandissait parfois un couteau, et ce vacarme joyeux ou menaçant devait faire fuir tout ce qui rôdait autour de la femme en couches et du nouveau-né. Il travaillait souvent en tandem avec Taouret, la déesse hippopotame. Des figures de ce type apparaissent dès le Moyen Empire sur les baguettes magiques d'ivoire, sous des noms variés comme Aha, « le combattant » ; le nom de Bès ne s'impose que plus tard, et il désigne sans doute un ensemble de génies nains apparentés plutôt qu'une divinité unique. À Deir el-Médineh, le village des artisans des tombes royales, des femmes portaient son image tatouée sur le haut des cuisses, et des figurines de musiciennes et de danseuses reproduisent ce motif, ce qui montre à quel point on voulait l'avoir près du corps.

Sa popularité a grandi jusqu'aux époques ptolémaïque et romaine. À Saqqarah, des « chambres de Bès » décorées de grandes figures peintes en relief ont été fouillées au début du 20e siècle ; on suppose qu'on y venait pour des rites liés à la fécondité ou à la guérison, sans certitude sur leur usage exact. À Abydos, un oracle de Bès était encore consulté au 4e siècle de notre ère, et l'historien romain Ammien Marcellin rapporte que l'empereur Constance II fit poursuivre des personnes qui lui avaient adressé des questions jugées séditieuses. Son image a aussi largement circulé hors d'Égypte, jusque dans le monde phénicien et punique de la Méditerranée. Enfin, particularité rare dans l'art égyptien qui montre presque toujours les dieux de profil, Bès est le plus souvent représenté de face, comme s'il regardait droit dans les yeux ce qu'il devait repousser.

Attributs

  • apparence naine et grimaçante
  • langue tirée
  • plumes sur la tête

Généalogie

Entités liées
Taouret

Notes

Contrairement à la majorité des divinités égyptiennes, Bès est représenté de face plutôt que de profil dans l'iconographie, une exception notable dans les conventions artistiques égyptiennes.

Sources

  • Pinch, G. (2004). Egyptian Mythology: A Guide to the Gods, Goddesses, and Traditions
  • Meeks, D. & Meeks-Favard, C. (1996). La vie quotidienne des dieux égyptiens

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