Sekhukhune Ier
HérosPedi (Bapedi)
Roi pedi du 19e siècle réputé pour sa résistance prolongée face aux incursions boers puis britanniques dans le nord-est de l'actuelle Afrique du Sud, capturé après un long siège en 1879, devenu depuis une figure de la mémoire de résistance sud-africaine.
- résistance
- royauté
- défense territoriale
En détail
Sekhukhune Ier (vers 1814-1882) fut le roi des Pedi, ou Bapedi, un peuple de langue sotho du Nord installé dans les montagnes du Leolo, entre les rivières Olifants et Steelpoort, dans l'actuelle province du Limpopo. Pendant près de vingt ans, il tint en échec la République sud-africaine du Transvaal puis l'Empire britannique. Son royaume fut l'un des derniers États africains indépendants de l'intérieur de l'Afrique du Sud, et sa résistance compte parmi les références majeures de la mémoire anticoloniale du pays.
Son accession fut contestée. À la mort de son père Sekwati, en 1861, il s'imposa grâce au soutien de son régiment face à son demi-frère Mampuru, que beaucoup considéraient comme l'héritier légitime et qui dut s'exiler. Il se méfia aussi très tôt des missionnaires luthériens de Berlin, que son père avait accueillis : en 1864-1865, il chassa les convertis, qui suivirent Alexander Merensky jusqu'à la nouvelle station de Botshabelo, car il voyait dans ces communautés chrétiennes une autorité concurrente de la sienne. Sa puissance reposait en grande partie sur un réseau d'approvisionnement en armes à feu. De jeunes Pedi partaient travailler dans les mines de diamants de Kimberley, et jusqu'à Port Elizabeth, pour rapporter des fusils ; d'autres armes arrivaient par la baie de Delagoa, dans l'actuel Mozambique.
En 1876, la république du Transvaal, dirigée par le président Burgers, lança contre lui une campagne qui échoua devant ses positions de montagne. Les Britanniques, qui annexèrent le Transvaal l'année suivante, échouèrent à leur tour en 1878. Il fallut attendre la fin de la guerre anglo-zouloue pour que Sir Garnet Wolseley réunisse, en novembre 1879, des troupes britanniques et plusieurs milliers de guerriers swazi. Après quelques jours de combats, la capitale de Tsate tomba au début de décembre ; Sekhukhune fut capturé et emprisonné à Pretoria. Libéré en 1881, quand les Britanniques rendirent son indépendance au Transvaal, il fut assassiné l'année suivante sur ordre de son rival Mampuru.
Son nom est resté attaché à la région, le Sekhukhuneland, qui fut en 1958 le théâtre d'une révolte rurale contre l'imposition des autorités bantoues de l'apartheid, organisée en partie par des travailleurs migrants pedi. La rivalité née en 1861 n'a pas non plus disparu : la maison royale issue de Sekhukhune et celle de Mampuru se sont disputé la royauté pedi devant la commission Nhlapo, créée en 2004 pour trancher les conflits de chefferie, puis devant les tribunaux, jusqu'à ce que la Cour constitutionnelle reconnaisse en 2020 la royauté de Thulare III, un descendant de Sekhukhune.
Culte contemporain
Un district municipal sud-africain porte aujourd'hui son nom en hommage à sa résistance.
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Sources
- Delius, P. (1983). The Land Belongs to Us: The Pedi Polity, the Boers and the British in the Nineteenth-Century Transvaal