Ibonia

Récit

Malgaches

Épopée orale malgache majeure narrant les exploits d'un héros aux pouvoirs surnaturels, capable de parler avant sa naissance et de choisir son propre destin, qui affronte des épreuves multiples pour épouser la femme qui lui est destinée.

  • héroïsme
  • destin
  • épreuves initiatiques

En détail

Ibonia est le héros du plus célèbre récit épique de Madagascar, transmis oralement pendant des siècles avant d'être mis par écrit. La version de référence vient de l'Imerina, le pays des Merina sur les hautes terres du centre de l'île, et met en scène une famille princière : le récit parle de naissance, de mariage et de succession royale, et donne une image de ce que devait être un souverain accompli.

L'histoire commence par une mère stérile. Sur les conseils d'un devin, elle va chercher une sauterelle sur un rocher qui s'élève à mesure qu'elle grimpe ; l'insecte, une fois mangé, la rend enceinte. Depuis le ventre maternel, l'enfant parle, choisit son nom, exige d'être fiancé à Iampelasoamananoro, dont le nom évoque la grâce, et décide lui-même de la manière dont il viendra au monde. Devenu adulte, il excelle au fanorona, le jeu de stratégie malgache, et à la valiha, la cithare tubulaire. Lorsque sa fiancée est enlevée par Raivato, « l'Homme de pierre », il part la reprendre ; dans plusieurs versions, il s'introduit chez son rival sous la peau d'un vieillard avant de l'affronter et de le vaincre.

Le texte transcrit par le missionnaire norvégien Lars Dahle, publié en 1877 dans Specimens of Malagasy Folk-lore, est en prose, sans les formules d'ouverture et de clôture qui marquent d'habitude les contes malgaches ; rien ne permet d'affirmer qu'il était chanté. D'après Lee Haring, qui l'a traduit en anglais, le récit avait été mis par écrit dès les années 1830. Réédité en 1908 par John Sims sous le titre Anganon'ny Ntaolo (« contes des anciens »), le recueil n'a jamais cessé d'être vendu à Antananarivo, et c'est par lui que beaucoup de Malgaches connaissent l'histoire.

Haring recense une quinzaine de versions, depuis un récit consigné au XVIIe siècle par Étienne de Flacourt jusqu'à des enregistrements des années 1970 à 1990. Plus on s'éloigne de l'Imerina, plus l'histoire change : chez les Tanala et les Bara, le héros perd son caractère royal ; chez les Sakalava du nord-ouest, où l'anthropologue Suzanne Chazan-Gillig a recueilli une version, le récit de Rabonia devient une histoire de succession au trône et de soumission des premiers occupants du pays. Certains auteurs ont d'ailleurs situé l'origine de l'épopée chez les Sakalava plutôt que chez les Merina, une question qui reste ouverte.

Culte contemporain

Reconnue comme l'une des œuvres majeures de la littérature orale malgache, largement étudiée et traduite depuis sa première transcription au 19e siècle.

Notes

L'épopée existe en de nombreuses versions régionales à travers Madagascar, avec des variations significatives ; la traduction publiée par Lee Haring en 1994 suit la version recueillie par Dahle, qui n'est donc qu'un état du récit parmi d'autres.

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Sources

  • Haring, L. (1994). Ibonia: Epic of Madagascar
  • Dahle, L. (1877). Specimens of Malagasy Folk-lore (première transcription en malgache, rééditée par J. Sims en 1908 sous le titre Anganon'ny Ntaolo)
  • Haring, L. (2013). How to Read a Folktale: The Ibonia Epic from Madagascar

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