Hathor
DivinitéAussi connu·e sous : Het-Heru
Égyptiens anciens
Déesse de l'amour, de la joie, de la musique et de la maternité, l'une des divinités les plus largement vénérées d'Égypte ancienne, associée à la fertilité, à la danse et à l'accueil des défunts dans l'au-delà.
- amour
- joie
- musique
- maternité
- au-delà
En détail
Hathor est l'une des déesses les plus aimées et les plus présentes de l'Égypte ancienne, de l'Ancien Empire jusqu'à l'époque romaine. Son nom, Het-Heru, signifie « la demeure d'Horus », ce qui la place d'emblée au cœur de la royauté : elle est tantôt la mère, tantôt l'épouse du dieu faucon auquel s'identifiait le pharaon, et elle est aussi la fille de Rê. On la représente en vache, en femme aux oreilles de vache ou en femme coiffée de cornes enserrant le disque solaire. Elle règne sur ce qui rend la vie désirable : l'amour, la musique, la danse, l'ivresse, la beauté.
Son culte avait une portée géographique rare. Son grand temple de Dendérah, tel qu'on le visite aujourd'hui, date de l'époque ptolémaïque et romaine, mais le site lui était consacré bien avant. Elle était aussi la « Dame de la turquoise » dans les mines du Sinaï, à Sérabit el-Khadim, la « Dame de Byblos » sur la côte levantine et la « Dame de Pount », pays lointain de l'encens. Chaque année, sa statue quittait Dendérah en bateau pour rejoindre Horus à Edfou lors de la fête de la Bonne Rencontre. Les offrandes votives étudiées par Geraldine Pinch, déposées par des particuliers dans ses sanctuaires, montrent une dévotion populaire tournée vers la fécondité, la naissance et la protection des enfants.
Hathor a aussi un visage funéraire. Dans la région thébaine, elle est la « Maîtresse de l'Occident » : on la montre sortant de la montagne sous la forme d'une vache pour accueillir les défunts, ou tendant eau et nourriture depuis un sycomore. Les « Sept Hathor » apparaissent au chevet des nouveau-nés pour annoncer leur destin. Ses instruments, le sistre et le collier menat que l'on agitait pendant les rites, rappellent que la musique était pour elle une forme de prière.
Son lien avec la violence divine surprend souvent. Dans la Destruction de l'humanité, c'est Hathor que Rê envoie punir les hommes, et elle devient Sekhmet en se livrant au massacre avant d'être arrêtée par la bière rouge. La « fête de l'ivresse » (Tekh), célébrée au premier mois de l'année, rejouait ce retournement : l'ivresse collective, la musique et la veille permettaient de rencontrer une déesse apaisée. Hathor tient aussi le rôle principal dans certaines versions du mythe de la Déesse lointaine, où la lionne partie en Nubie revient sous les traits de la déesse de la joie.
Attributs
- tête ou cornes de vache
- disque solaire
- sistre (instrument de musique)
Notes
Son temple de Dendérah, l'un des mieux conservés d'Égypte, reste un témoignage majeur de l'ampleur et de la continuité de son culte à travers l'histoire égyptienne.
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Sources
- Pinch, G. (2004). Egyptian Mythology: A Guide to the Gods, Goddesses, and Traditions
- Pinch, G. (1993). Votive Offerings to Hathor