Melqart

Divinité

Puniques (Carthage)

Dieu tutélaire de Tyr adopté par les colonies phéniciennes puis par Carthage, associé à la royauté, à la navigation et à la renaissance cyclique. Identifié par les Grecs à Héraclès en raison de récits de mort et résurrection annuelle.

  • royauté
  • navigation
  • renaissance cyclique

En détail

Melqart, dont le nom signifie « roi de la cité », est le dieu tutélaire de Tyre, la métropole phénicienne dont Carthage se disait la fondation. En l'honorant, les Carthaginois affirmaient leur filiation avec la cité mère : pendant des siècles, ils envoyèrent à son temple de Tyre une offrande annuelle, décrite par les auteurs anciens comme une dîme prélevée sur les ressources publiques. En 332 avant notre ère, des envoyés carthaginois venus pour la fête du dieu se trouvaient encore dans la ville lorsque Alexandre le Grand vint l'assiéger.

Selon un historien cité par Flavius Josèphe, le roi Hiram Ier de Tyre, au 10e siècle avant notre ère, aurait été le premier à célébrer le « réveil » (egersis) du dieu, une fête annuelle célébrée à la fin de l'hiver. Ce rite, où l'on célébrait le retour à la vie du dieu, explique qu'on range Melqart parmi les divinités de mort et de renaissance, et qu'il ait été lié à la légitimité des rois de Tyre. Les Grecs l'ont identifié à Héraclès dès l'époque archaïque : Hérodote visita son temple de Tyre et y vit deux colonnes, l'une d'or, l'autre de pierre verte.

Le culte a accompagné l'expansion phénicienne vers l'ouest. Le sanctuaire de Gadès (Cadix), le plus occidental de tous, abritait des colonnes de bronze qu'une partie des auteurs anciens, d'après Strabon, tenaient pour les véritables « colonnes d'Hercule », bornes du monde connu ; le géographe rapporte le débat sans le trancher. Tite-Live raconte qu'Hannibal s'y rendit pour accomplir ses vœux au dieu avant de partir pour l'Italie, en 218 avant notre ère, un épisode souvent cité pour illustrer l'attachement de la famille des Barcides à ce dieu.

Les sources sur son culte à Carthage même restent moins riches que celles qui concernent Tyre ou Gadès, et ce que l'on sait de ses fêtes provient surtout d'auteurs grecs et latins qui le voyaient à travers Héraclès. Corinne Bonnet a montré combien il faut distinguer le dieu phénicien de cette relecture grecque. Le codex le rapproche de Baal Hammon, de Tanit et d'Eshmoun, autres dieux venus de Phénicie, avec qui il est parfois associé dans les inscriptions.

Généalogie

Entités liées
Élissa, Antée

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Sources

  • Lipiński, E. (1995). Dieux et déesses de l'univers phénicien et punique
  • Bonnet, C. (1988). Melqart: Cultes et mythes de l'Héraclès tyrien en Méditerranée

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