Le mythe d'Osiris

Récit

Égyptiens anciens

Récit du meurtre d'Osiris par son frère Seth, du deuil et de la magie d'Isis qui reconstitue son corps, et de la résurrection partielle d'Osiris qui devient souverain du royaume des morts. Leur fils Horus venge ensuite son père en affrontant Seth pour le trône d'Égypte.

  • mort
  • résurrection
  • succession royale
  • vengeance

En détail

Le mythe d'Osiris est le grand récit fondateur de la religion égyptienne ancienne. Il raconte comment un roi bon et légitime, Osiris, est tué par son frère Seth, comment son épouse et sœur Isis parvient à lui rendre assez de vie pour concevoir un fils, et comment ce fils, Horus, reprend le trône usurpé. Trois questions essentielles s'y nouent : que devient-on après la mort, qui a le droit de régner, et comment l'ordre l'emporte-t-il sur le désordre. De là vient que chaque pharaon régnait comme Horus et chaque défunt espérait devenir un Osiris.

Curieusement, aucune source égyptienne ne raconte l'histoire d'un bout à l'autre. Les Textes des pyramides y font allusion par fragments, et les textes égyptiens évitent en général de décrire le meurtre lui-même, comme si le nommer risquait de le répéter. Le récit égyptien le plus complet se trouve sur une stèle de la XVIIIe dynastie, celle d'Amenmès, conservée au Louvre, dont l'hymne décrit Isis cherchant sans relâche son frère, le retrouvant, lui rendant le souffle en battant des ailes et concevant de lui un héritier qu'elle élève en secret. Des textes plus tardifs, comme ceux des temples ptolémaïques, développent le thème du corps démembré dont les morceaux, dispersés à travers le pays, deviennent autant de reliques vénérées dans différentes villes.

La version continue que l'on raconte le plus souvent vient de Plutarque, auteur grec du Ier au IIe siècle de notre ère, dans son traité Sur Isis et Osiris. C'est chez lui que Seth (qu'il appelle Typhon) enferme Osiris dans un coffre fait à ses mesures lors d'un banquet, que le coffre dérive jusqu'à Byblos, que le corps est découpé en quatorze morceaux, et que le phallus, avalé par des poissons, est remplacé par une réplique. Le coffre, Byblos ou le poisson ne sont pas attestés sous cette forme dans les textes égyptiens, et il faut les lire comme l'interprétation d'un auteur étranger, bien informé mais tardif. Le mythe n'en restait pas moins vivant dans le culte : à Abydos, que l'on tenait pour le lieu de la tombe d'Osiris, des fêtes rejouaient chaque année sa mort et son retour, et les rites du mois de Khoiak associaient sa renaissance à la germination du grain.

Généalogie

Entités liées
Isis, Osiris, Nephthys

Culte contemporain

Le mythe d'Osiris a structuré une bonne part de la théologie funéraire égyptienne antique (chaque défunt étant symboliquement assimilé à Osiris) ; il n'a pas de survivance cultuelle directe aujourd'hui mais reste l'un des récits égyptiens antiques les plus documentés.

Notes

La version la plus complète et continue qui nous soit parvenue est celle de Plutarque, un auteur grec tardif écrivant plusieurs siècles après les sources égyptiennes originales fragmentaires ; certains détails narratifs sont donc probablement des réinterprétations plutôt que la version égyptienne canonique.

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Sources

  • Plutarque, De Iside et Osiride (source antique secondaire, 1er-2e siècle apr. J.-C.)
  • Pinch, G. (2004). Egyptian Mythology: A Guide to the Gods, Goddesses, and Traditions
  • Assmann, J. (2005). Death and Salvation in Ancient Egypt

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