Zumbi dos Palmares

Héros

Brésiliens (quilombolas)

Dernier chef du Quilombo dos Palmares, plus grand établissement de personnes africaines et afro-descendantes marronnes d'Amérique, qui résista pendant des décennies aux expéditions coloniales portugaises avant d'être tué en 1695. Devenu symbole majeur de la résistance noire brésilienne.

  • résistance
  • liberté
  • marronnage

En détail

Zumbi dos Palmares est le dernier dirigeant du quilombo de Palmares, la plus vaste et la plus durable communauté d'esclaves fugitifs de l'Amérique portugaise, installée dans l'arrière-pays montagneux de l'actuel État d'Alagoas, dans le Nordeste brésilien. Tué en 1695, il est devenu au 20e siècle la principale figure de la résistance noire au Brésil, au point que la date de sa mort est désormais une fête nationale.

Palmares, peuplé de fugitifs d'origines africaines diverses (souvent rattachés aux mondes kongo et mbundu d'Afrique centrale) et de leurs descendants, formait une fédération de villages dont le centre politique était la Cerca do Macaco. Né vers 1655 à Palmares, Zumbi aurait été capturé enfant par une expédition portugaise, confié à un prêtre, baptisé Francisco, puis serait retourné au quilombo vers l'âge de quinze ans. Cet épisode très souvent raconté repose toutefois sur des lettres du père António Melo que l'historien Décio Freitas disait avoir consultées au Portugal mais qu'il n'a jamais produites ; beaucoup d'historiens le tiennent donc pour incertain.

Le tournant politique date de 1678. Le gouverneur de Pernambouc propose à Ganga Zumba, alors chef de Palmares, un accord : la liberté pour les habitants nés au quilombo et des terres plus proches des établissements portugais, contre la soumission à la Couronne et la restitution des nouveaux fugitifs. Ganga Zumba accepte. Zumbi, présenté par la tradition comme son neveu, refuse un pacte qui livrait une partie des siens et prend la tête de ceux qui veulent continuer la lutte ; Ganga Zumba meurt peu après, empoisonné selon la plupart des récits. Pendant une quinzaine d'années, les expéditions coloniales échouent, jusqu'à celle du bandeirante pauliste Domingos Jorge Velho, qui prend la Cerca do Macaco au début de 1694. Zumbi s'échappe mais, trahi, il est tué le 20 novembre 1695 ; sa tête, exposée publiquement, devait prouver qu'il n'était pas immortel.

Sa renommée actuelle doit beaucoup au mouvement noir brésilien. En 1971, le Grupo Palmares de Porto Alegre propose de célébrer le 20 novembre plutôt que le 13 mai, date de l'abolition de 1888 perçue comme une concession d'en haut. D'abord reconnue par des États et des municipalités, la Journée nationale de Zumbi et de la Conscience noire est devenue un jour férié dans tout le pays par la loi 14.759 du 21 décembre 2023. Sa figure fait écho, dans le codex, à celle de Benkos Biohó, autre chef marron qui dut choisir entre négociation et lutte armée.

Généalogie

Entités liées
Nanny des Marrons

Culte contemporain

Le 20 novembre, date présumée de sa mort, est célébré au Brésil comme Journée nationale de Zumbi et de la Conscience noire (Dia Nacional de Zumbi e da Consciência Negra), jour férié national depuis la loi 14.759 de décembre 2023.

Notes

Palmares a fonctionné pendant près d'un siècle (vers 1605-1694) comme un État quilombola largement autonome, avec sa propre organisation politique et militaire, avant sa destruction finale par une expédition portugaise-pauliste.

Sources

  • Freitas, D. (1971). Palmares: A Guerra dos Escravos
  • Anderson, R.N. (1996). The Quilombo of Palmares: A New Overview of a Maroon State in Seventeenth-Century Brazil