Mzilikazi
HérosNdebele
Ancien général zulu devenu fondateur du royaume ndebele après une rupture avec Shaka, menant son peuple à travers plusieurs migrations forcées avant de s'établir dans l'actuel Zimbabwe, où sa lignée continue d'être révérée.
- migration
- fondation royale
- rupture dynastique
En détail
Mzilikazi (vers 1790-1868) est le fondateur du royaume ndebele, appelé Mthwakazi par ses habitants et Matabeleland par les Européens, dans le sud-ouest de l'actuel Zimbabwe. Fils de Mashobane, chef des Khumalo, et petit-fils par sa mère du roi ndwandwe Zwide, il grandit dans le nord de l'actuel KwaZulu-Natal au moment où Shaka imposait son autorité sur la région. Pour les Ndebele du Zimbabwe, il reste l'ancêtre fondateur de la nation et le premier d'une lignée royale dont la mémoire garde un poids politique réel.
Les Khumalo passèrent sous l'autorité de Shaka, et Mzilikazi commanda pour lui des expéditions. La rupture survint vers 1823 : selon la tradition la plus répandue, il refusa de remettre au roi le bétail pris lors d'un raid et dut fuir avec quelques centaines de partisans. Commença alors une migration de près de vingt ans. Les Khumalo s'établirent d'abord sur le haut plateau du Transvaal, puis à Mosega et dans la vallée du Marico, où le missionnaire Robert Moffat leur rendit visite et noua avec le roi une relation durable. En 1837, les commandos voortrekkers détruisirent Mosega et les établissements voisins ; Mzilikazi franchit alors le Limpopo et installa son peuple sur le plateau zimbabwéen, autour de ce qui allait devenir Bulawayo. Il y mourut en 1868 et fut inhumé dans une grotte à Entumbane, dans les collines de Matobo ; son fils Lobengula lui succéda.
Le royaume qu'il bâtit n'était pas une colonie zulu transplantée. Au fil de la migration, Mzilikazi incorpora des captifs et des ralliés en grand nombre, organisés en régiments (amabutho) sur le modèle qu'il avait connu auprès de Shaka. La société qui en résulta était hiérarchisée en trois groupes : les Zansi, descendants des compagnons venus du sud, qui formaient l'aristocratie ; les Enhla, intégrés sur le haut plateau et en majorité d'origine sotho, tswana ou venda ; les Hole, d'origine shona ou kalanga, incorporés après l'installation au Zimbabwe, les plus nombreux mais au bas de l'échelle. Parler l'isiNdebele et servir dans les régiments permettait cependant de s'élever, si bien que l'identité ndebele s'est construite par assimilation plus que par filiation.
L'histoire de Mzilikazi a longtemps été racontée à travers le prisme du Mfecane, présenté comme une suite de ravages déclenchés par l'essor zulu. Les travaux de R. Kent Rasmussen et la remise en cause plus générale de ce schéma invitent à la prudence : la date de son départ, son rang exact auprès de Shaka et l'ampleur des destructions qu'on lui prête reposent en grande partie sur des témoignages européens tardifs ou partisans. Chaque année en septembre, une commémoration réunit les Ndebele devant sa tombe d'Entumbane, et sa figure est régulièrement mobilisée dans les débats sur la place de cette minorité dans le Zimbabwe contemporain.
Généalogie
Notes
Comme pour d'autres figures associées à la période du Mfecane, le récit de ses migrations doit être lu en tenant compte des débats historiographiques contemporains sur l'interprétation coloniale de cette période.
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Sources
- Rasmussen, R.K. (1978). Migrant Kingdom: Mzilikazi's Ndebele in South Africa
- Bhebe, N. (1979). Christianity and Traditional Religion in Western Zimbabwe