Elima

Rite

Mbuti

Cérémonie mbuti célébrant les premières règles d'une jeune fille, réunissant les filles nubiles du camp dans une hutte spéciale pendant plusieurs semaines pour un apprentissage collectif encadré par les femmes plus âgées, ponctué de chants distinctifs.

  • passage à l'âge adulte
  • féminité
  • apprentissage collectif

En détail

Chez les Mbuti, chasseurs-cueilleurs de la forêt de l'Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, l'elima marque les premières règles d'une jeune fille. Là où leurs voisins agriculteurs des villages voyaient dans cet événement un danger appelant une purification, les Mbuti décrits par Colin Turnbull l'accueillaient comme une bonne nouvelle, annoncée à tout le campement : le signe que la jeune fille pourra bientôt donner la vie.

La jeune fille s'installe avec ses amies dans une hutte réservée, pour une durée d'environ un mois selon Turnbull. Les femmes plus âgées leur transmettent les chants propres à l'elima et les savoirs attendus d'une adulte. Turnbull présente cette période comme l'une des plus joyeuses de la vie du camp, rythmée par les chants qui s'élèvent de la hutte.

Les garçons y ont leur rôle, mais dans le sens inverse de ce qu'on imagine souvent. Dans le récit de Turnbull, ce sont les filles qui sortent le jour, fouet en main, et frappent les garçons qu'elles ont choisis : le coup vaut invitation. Le soir, l'invité doit forcer son chemin jusqu'à la hutte en passant la garde des mères et des autres femmes âgées, qui peuvent barrer la route à un prétendant jugé indésirable. L'elima est ainsi à la fois un rite de passage féminin et un moment de rapprochement admis entre jeunes gens, prélude possible à des unions.

Presque tout ce que l'on sait de l'elima vient de Turnbull, qui a observé les Mbuti dans les années 1950. Son image d'une société de la forêt harmonieuse et coupée du monde villageois a été critiquée comme idéalisée, notamment par Roy Richard Grinker, qui a travaillé en Ituri auprès des Lese et de leurs partenaires efe. Turnbull décrivait lui-même, dans Wayward Servants, la participation des Mbuti aux initiations des villages voisins. Le rite forme avec le molimo, présenté dans une autre fiche, l'un des deux grands moments de la vie rituelle mbuti qu'il a rendus célèbres.

Attributs

  • hutte elima
  • chants elima spécifiques

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Sources

  • Turnbull, C.M. (1961). The Forest People
  • Turnbull, C.M. (1965). Wayward Servants: The Two Worlds of the African Pygmies
  • Grinker, R.R. (1994). Houses in the Rain Forest: Ethnicity and Inequality among Farmers and Foragers in Central Africa

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