Gikuyu et Mumbi
RécitKikuyu
Récit fondateur kikuyu selon lequel Ngai conduisit le premier homme, Gikuyu, au sommet du mont Kenya et lui donna Mumbi pour épouse, leurs neuf filles devenant les ancêtres fondatrices des neuf principaux clans (mĩhĩrĩga) du peuple kikuyu.
- origine humaine
- fondation clanique
- montagne sacrée
En détail
Le récit de Gikuyu et Mumbi est le mythe d'origine des Kikuyu (Agĩkũyũ), le peuple le plus nombreux du Kenya, installé sur les hautes terres qui s'étendent au pied du mont Kenya. Il raconte comment Ngai, le dieu créateur, donna au premier homme sa terre et sa femme, et comment leurs filles fondèrent les clans. Les Kikuyu se désignent encore comme les « enfants de Mumbi » ou la « maison de Mumbi », et le récit reste l'une des références les plus partagées de leur identité.
La version devenue classique est celle que Jomo Kenyatta publia en 1938 dans Facing Mount Kenya. Ngai conduit Gikuyu au sommet de la montagne, Kĩrĩnyaga, lui montre le pays et lui désigne, au centre, un lieu planté de figuiers, Mũkũrwe wa Gathanga, où il doit s'établir. Il lui promet son aide chaque fois qu'il offrira un sacrifice, les mains levées vers la montagne. Arrivé là, Gikuyu trouve une épouse que Ngai lui a préparée et qu'il nomme Mumbi, « celle qui façonne ». Ils ont neuf filles et aucun fils. Sur l'ordre de Ngai, Gikuyu sacrifie un agneau et un chevreau sous le grand figuier ; revenu à l'arbre, il y trouve neuf jeunes hommes prêts à épouser ses filles. Il n'accepte qu'à une condition : qu'ils vivent dans sa maison, sous l'autorité des femmes. À la mort des parents, chaque fille rassemble ses descendants en un clan qui porte son nom.
Kenyatta prolonge le récit par un épisode moins souvent cité. Les femmes, devenues dominantes, auraient pratiqué la polyandrie et puni durement les hommes. Ceux-ci profitèrent d'un moment où la plupart des femmes étaient enceintes pour prendre le pouvoir, instaurer la polygamie et rebaptiser le peuple « enfants de Gikuyu ». Mais lorsqu'ils voulurent changer aussi le nom des clans, les femmes menacèrent de ne plus mettre d'enfants au monde, et les clans gardèrent les noms des filles. Kenyatta en donne neuf, dont Acheera, Anjiru, Ambui ou Angare, des noms qui correspondent à des prénoms féminins toujours courants.
Facing Mount Kenya est à la fois une ethnographie, écrite sous la direction de Malinowski, et un plaidoyer pour les institutions kikuyu face au pouvoir colonial ; son auteur deviendra le premier président du Kenya indépendant. Les listes de clans et de filles varient d'un auteur à l'autre, et certains spécialistes kikuyu reprochent à Kenyatta d'avoir mal interprété la formule traditionnelle des « neuf complets », qui renverrait selon eux à l'interdit de compter les personnes plutôt qu'à un nombre exact de clans. Mũkũrwe wa Nyagathanga, dans l'actuel comté de Murang'a, est aujourd'hui un site visité comme lieu d'origine du peuple kikuyu.
Généalogie
- Entités liées
- Ngai
Notes
Kenyatta donne neuf filles, mais les listes varient selon les auteurs. La formule traditionnelle des « neuf complets » renverrait, selon certains spécialistes kikuyu, à l'interdit de compter exactement les personnes plutôt qu'à un nombre précis de clans, et certaines versions comptent dix filles.
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Sources
- Kenyatta, J. (1938). Facing Mount Kenya
- Leakey, L.S.B. (1977). The Southern Kikuyu before 1903