Tanit

Divinité

Aussi connu·e sous : Tinnit

Puniques (Carthage) · Amazigh (Berbères)

Déesse majeure du monde punique (Carthage), associée à la fertilité, à la lune et à la protection de la cité. Son culte s'enracine en partie dans des traditions berbères antérieures à la colonisation phénicienne du Maghreb.

  • fertilité
  • lune
  • protection de la cité

En détail

Tanit est la grande déesse de Carthage, parèdre de Baal Hammon et, à partir du 5e siècle avant notre ère, la divinité la plus souvent nommée dans les dédicaces de la cité. Des milliers de stèles votives du tophet de Carthage s'adressent « à la Dame, à Tanit face de Baal, et au Seigneur, à Baal Hammon » : elle passe ainsi devant le dieu, ce qui n'est pas le cas dans tous les sanctuaires puniques. Son nom est vocalisé Tanit par convention ; les graphies grecques suggèrent plutôt une prononciation proche de Tinnit.

Ses origines restent l'un des points les plus disputés du monde punique. Une inscription découverte à Sarepta, sur la côte du Liban actuel, associe Tanit et Astarté et prouve que son nom était connu en Phénicie même ; certains y voient une épithète d'Astarté, d'autres deux déesses distinctes. L'hypothèse d'un substrat libyque ou berbère, qui expliquerait son essor à Carthage, a longtemps été avancée sans être démontrée. L'épithète « face de Baal » (pn bʿl) n'a pas non plus de sens assuré ; l'interprétation la plus partagée y voit l'expression d'un lien étroit entre la déesse et Baal Hammon, et les étymologies proposées pour son nom ne font pas consensus.

Le « signe de Tanit » est l'emblème le plus reconnaissable de la civilisation punique : un triangle ou trapèze surmonté d'une barre horizontale et d'un disque, gravé sur les stèles, les mosaïques et les objets dans tout le monde punique, de l'Afrique du Nord à Ibiza. On le lit le plus souvent comme une silhouette humaine aux bras levés, parfois comme un autel ou un bétyle. Rien ne prouve, du reste, qu'il ait toujours désigné la déesse elle-même. Le croissant lunaire, fréquent sur les mêmes stèles, a nourri l'idée d'une déesse céleste ou lunaire.

Après la chute de Carthage, son culte se poursuit sous des noms latins, Caelestis ou Juno Caelestis, honorée dans la Carthage romaine jusqu'à l'époque chrétienne. En Tunisie, une tradition populaire relie à Tanit l'Oumouk Tangou, poupée promenée par les enfants pour appeler la pluie en temps de sécheresse ; la filiation est souvent affirmée mais reste difficile à démontrer, et le rite rappelle celui de Tislit n Wanzar présenté dans la fiche Anzar.

Attributs

  • symbole de Tanit (figure trapézoïdale surmontée d'un disque)
  • croissant de lune

Généalogie

Conjoint·es
Baal Hammon
Entités liées
Ifri, Élissa

Notes

L'ampleur de l'héritage berbère préexistant dans le culte de Tanit, par opposition à un simple import phénicien, reste débattue parmi les spécialistes du monde punique.

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Sources

  • Lipiński, E. (1995). Dieux et déesses de l'univers phénicien et punique
  • Bénichou-Safar, H. (2004). Le tophet de Salammbô à Carthage
  • Bernardin, S. & Bron, F. (2024). Les stèles puniques de Carthage au musée du Louvre. Des offrandes à Tanit et à Baal Hammon

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