La pesée du cœur

Rite

Aussi connu·e sous : Psychostasie

Égyptiens anciens

Rituel funéraire égyptien au cours duquel le cœur du défunt est pesé face à la plume de Maât (déesse de la vérité et de l'ordre cosmique) devant un tribunal divin présidé par Osiris. Un cœur plus lourd que la plume est dévoré par Ammit, condamnant le défunt à une seconde mort définitive.

  • jugement
  • au-delà
  • morale funéraire
  • vérité

En détail

Dans l'Égypte ancienne, la mort ouvrait sur un procès. Avant d'être admis parmi les bienheureux, chaque défunt devait comparaître dans la « salle des Deux Vérités » devant Osiris, souverain des morts, et voir son cœur placé sur l'un des plateaux d'une balance, face à la plume de Maât, qui représente la justice et l'ordre du monde. Le cœur passait pour le siège de la pensée, de la mémoire et de la volonté : c'est pourquoi les embaumeurs le laissaient dans le corps. La scène condense l'idée égyptienne selon laquelle la survie dans l'au-delà dépendait de la conduite menée sur terre, et non du seul rang social ou des rites accomplis.

La version classique se trouve dans le chapitre 125 du Livre des Morts, recueil de formules copiées sur papyrus et déposées dans les tombes à partir du Nouvel Empire. Le défunt y récite d'abord une déclaration d'innocence adressée à Osiris, puis une seconde, souvent appelée « confession négative », où il s'adresse un à un à quarante-deux juges divins, en les nommant avec le lieu auquel chacun est rattaché, pour nier chaque fois une faute précise : avoir volé, menti, tué, détourné l'eau d'un canal, fraudé sur les poids. On rapproche souvent ce nombre de celui des provinces d'Égypte, sans que le lien soit établi avec certitude. Sur les vignettes, Anubis surveille la balance et Thot inscrit le résultat, tandis qu'Ammit, la dévoreuse, attend d'engloutir le cœur d'un coupable. Une autre formule, le chapitre 30B, souvent gravée sur un scarabée de cœur posé sur la momie, supplie le cœur de ne pas témoigner contre son propriétaire.

Plus qu'un rite exécuté par des prêtres, la pesée est un jugement que l'on croyait subir après la mort et dont on cherchait à s'assurer l'issue par l'écrit et l'image. Les papyrus montrent presque toujours la balance à l'équilibre et le défunt déclaré « juste de voix », comme si représenter la réussite suffisait à la garantir. L'idée d'un examen moral des morts est plus ancienne : l'Enseignement pour Mérikarê, texte de sagesse dont la composition est placée vers la fin du IIIe millénaire ou au début du IIe, évoque déjà un tribunal qui juge les actes de chacun. L'appellation grecque de « psychostasie », la pesée des âmes, vient d'un motif homérique et a été appliquée après coup à cette scène, que l'on a par la suite souvent comparée au jugement des âmes dans le christianisme, avec lequel elle partage l'image de la balance plus qu'une théologie commune.

Attributs

  • balance
  • plume de Maât

Généalogie

Entités liées
Ammit, Maât

Notes

Ce rituel est le mieux documenté grâce aux nombreuses copies illustrées du Livre des Morts retrouvées dans les tombes, ce qui en fait l'une des scènes iconographiques égyptiennes les plus reproduites et les mieux comprises.

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Sources

  • Faulkner, R.O. (trad.) (1972). The Egyptian Book of the Dead
  • Pinch, G. (2004). Egyptian Mythology: A Guide to the Gods, Goddesses, and Traditions

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