Moshoeshoe Ier
HérosBasotho
Fondateur du royaume basotho au 19e siècle, réputé pour sa diplomatie habile et sa stratégie défensive, ayant unifié des groupes disparates réfugiés des guerres du Mfecane autour de la forteresse naturelle de Thaba Bosiu.
- fondation royale
- diplomatie
- refuge
En détail
Moshoeshoe Ier (vers 1786-1870) est le fondateur du royaume des Basotho, l'actuel Lesotho. Fils de Mokhachane, chef d'une branche mineure des Bakoena, il n'était pas destiné à régner sur un grand ensemble. C'est dans le chaos des années 1820, quand guerres et migrations jetaient sur les routes des communautés entières, qu'il réussit à rassembler autour de lui des réfugiés d'origines très diverses. Le Lesotho indépendant se reconnaît en lui comme dans un père fondateur : le 11 mars, jour de sa mort, est une fête nationale.
Né sous le nom de Lepoqo, il prit celui de Moshoeshoe après une razzia de bétail réussie, en se comparant dans un poème de louange à un rasoir qui aurait « rasé » la barbe de son adversaire. Jeune homme, il fut confié par son père au sage Mohlomi, dont la tradition retient l'enseignement : gouverner suppose d'abord la maîtrise de soi et la générosité. Après le siège de Botha-Bothe par les Tlokwa de MaNthatisi, il conduisit les siens en 1824 jusqu'au plateau de Thaba Bosiu, qui devint sa capitale. Pendant ce trajet, son grand-père Peete fut tué et mangé par un groupe d'anthropophages mené par Rakotsoane. Plutôt que de les faire exécuter, Moshoeshoe déclara que leurs corps étaient devenus la tombe vivante de son aïeul : on les purifia en les enduisant du contenu de la panse d'un bœuf, puis on leur donna du bétail et des terres. L'épisode reste l'illustration favorite d'une politique d'intégration qui fit de ses ennemis d'hier des sujets.
Le royaume dut ensuite affronter des adversaires mieux armés. En 1833, Moshoeshoe accueillit les missionnaires de la Société des missions évangéliques de Paris, Eugène Casalis et Thomas Arbousset, qui lui ouvraient l'accès à l'écrit et aux canaux diplomatiques européens. Ses troupes tinrent tête aux Britanniques à Viervoet (1851) puis à Berea (1852), mais les guerres contre l'État libre d'Orange, entre 1858 et 1868, coûtèrent au royaume la majeure partie de ses terres arables à l'ouest du Caledon. Pour éviter la conquête, il demanda la protection britannique, obtenue en 1868 avec la création du Basutoland. Ce choix explique en partie que le Lesotho soit resté un État distinct, enclavé dans l'Afrique du Sud, au lieu d'être absorbé par les républiques boers.
L'image d'un souverain sage, pacifique et clément domine la mémoire nationale et une bonne partie de l'historiographie, à commencer par la biographie de Leonard Thompson. Elle mérite d'être nuancée : Moshoeshoe fut aussi un razzieur de bétail, un chef de guerre et un diplomate capable de jouer les puissances rivales les unes contre les autres. Sa figure est inséparable de Thaba Bosiu, où il est inhumé et qui reste le principal lieu de mémoire du royaume.
Généalogie
- Entités liées
- Thaba Bosiu (la Montagne de la Nuit)
Culte contemporain
Figure fondatrice de l'identité nationale du Lesotho contemporain, dont l'image apparaît sur la monnaie et les monuments nationaux.
Notes
Le contexte plus large du Mfecane, période de bouleversements et migrations en Afrique australe au début du 19e siècle, fait l'objet d'un débat historiographique important, certains chercheurs contestant l'ampleur et l'interprétation de ces événements telles que rapportées par les premières sources coloniales.
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Sources
- Thompson, L. (1975). Survival in Two Worlds: Moshoeshoe of Lesotho, 1786-1870
- Sanders, P. (1975). Moshoeshoe, Chief of the Sotho