Thaba Bosiu (la Montagne de la Nuit)

Rite

Basotho

Plateau fortifié naturel ayant servi de refuge imprenable à Moshoeshoe Ier et son peuple, dont la légende affirme qu'elle grandissait la nuit pour décourager les assaillants. Reste un site de vénération et de sépulture royale basotho.

  • refuge sacré
  • légende topographique
  • sépulture royale

En détail

Thaba Bosiu est un plateau de grès aux flancs abrupts, situé à environ 24 kilomètres à l'est de Maseru, au Lesotho. C'est là que Moshoeshoe Ier s'installa en juillet 1824 avec ses partisans, fuyant les guerres et les migrations forcées que les Sotho appellent difaqane. Le site devint la capitale du royaume en formation et le cœur symbolique de la nation basotho, qui y voit encore son lieu de naissance politique.

Le nom signifie à peu près « la montagne de la nuit ». Selon la tradition, Moshoeshoe et les siens en firent l'ascension après la tombée du jour, lors de leur arrivée en plein hiver. Une autre explication, qui se superpose à la première, veut que la montagne grandisse la nuit, croyance que le roi lui-même aurait entretenue pour dissuader ses ennemis de tenter un assaut nocturne. Le sommet, protégé de tous côtés par des falaises, compte plusieurs sources et assez d'espace pour y garder du bétail pendant un long siège ; on n'y accède que par quelques cols, dont le principal est celui de Khubelu.

La réputation d'imprenabilité reposait sur des faits. Les armées ndebele de Mzilikazi échouèrent devant la montagne en 1831. Ni la campagne britannique de 1852 ni les Boers de l'État libre d'Orange lors des guerres de 1865-1866 ne parvinrent à s'en emparer ; en août 1865, le commandant Louw Wepener atteignit le sommet par ce col et y fut tué, seul assaillant à y être jamais parvenu selon la tradition locale. Les pertes territoriales subies à la fin de ces guerres poussèrent toutefois Moshoeshoe à demander la protection britannique, obtenue en 1868.

Moshoeshoe Ier repose au sommet, dans le cimetière royal, où a aussi été inhumé Moshoeshoe II en 1996. Déclaré monument national en 1967, peu après l'indépendance, le site figure sur la liste indicative du patrimoine mondial de l'UNESCO. La fiche Moshoeshoe Ier du codex retrace la carrière du fondateur ; celle-ci montre comment un lieu stratégique est devenu, par la légende et la sépulture, un sanctuaire national.

Généalogie

Entités liées
Moshoeshoe Ier

Culte contemporain

Moshoeshoe I y est enterré, tout comme Moshoeshoe II (1996) ; le site reste un symbole national fort du Lesotho.

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Sources

  • Thompson, L. (1975). Survival in Two Worlds: Moshoeshoe of Lesotho, 1786-1870
  • Sanders, P. (1975). Moshoeshoe, Chief of the Sotho

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