Kipoko
CréatureAussi connu·e sous : Giphogo
Pende
Esprit-masque pende associé au pouvoir royal et divinatoire, porté lors de cérémonies liées à l'investiture des chefs et à la résolution de crises communautaires, réputé capable de révéler des vérités cachées.
- pouvoir royal
- divination
- résolution de crise
En détail
Le kipoko (giphogo en kipende) est le masque des chefs chez les Pende de l'Est, établis dans la région du Kasaï en République démocratique du Congo. Contrairement aux nombreux masques de village que les Pende font danser pour divertir ou éduquer, celui-ci appartient au trésor du chef : il est conservé chez lui et ne sort qu'avec son autorisation. Il est ainsi le visage public d'une chefferie que les Pende conçoivent moins comme un pouvoir de coercition que comme une charge sacerdotale, tournée vers la prospérité du groupe et le lien avec les morts.
Le masque se présente comme un heaume de bois léger, reconnaissable à son grand nez carré, à ses larges oreilles saillantes et à ses sourcils haut arqués. Les descriptions de musée y lisent le versant nourricier du chef et son rôle d'intermédiaire entre les vivants et les ancêtres. Il paraît lors des initiations et des rites liés au culte des ancêtres ; en dansant, le porteur peut mimer des gestes du travail quotidien des femmes et balayer le sol de ses chasse-mouches, geste compris comme une protection du village contre les forces malfaisantes, la maladie et la stérilité. Certaines sources lui prêtent aussi un rôle dans la désignation de responsables d'infortunes attribuées à la sorcellerie ; ce point, repris surtout par la littérature de marché de l'art, demande à être confronté aux études de terrain.
L'ancienne version de cette fiche parlait d'une « cérémonie giphogo » : giphogo est en réalité le nom même du masque dans la langue pende. Il faut aussi distinguer les deux grands ensembles pende. Les masques mbuya, plus connus en Occident, relèvent surtout des Pende du Centre et de l'Ouest, étudiés par Zoë Strother ; le kipoko est propre aux Pende de l'Est, dont Strother a analysé ailleurs la maison rituelle du chef (kibulu), lieu où se joue la même tension entre prestige personnel du chef et contrôle exercé par la communauté.
Attributs
- masque à traits stylisés
- coiffe conique
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Sources
- de Sousberghe, L. (1958). L'art pende
- Strother, Z.S. (1998). Inventing Masks: Agency and History in the Art of the Central Pende