Kalulu
HérosAussi connu·e sous : Le Lièvre
peuples bantous d'Afrique centrale et australe
Lièvre rusé, figure de trickster récurrente dans les contes bantous d'Afrique centrale, triomphant des animaux plus grands et plus forts (éléphant, hippopotame, hyène) par la ruse plutôt que par la force.
- ruse
- narration
En détail
Kalulu est le lièvre rusé des contes de nombreux peuples bantouphones de l'est de l'Afrique centrale et de l'Afrique australe. Le nom est celui du lièvre en nyanja (chichewa), et on le retrouve chez les Bemba, les Nsenga, les Ila et leurs voisins de Zambie et du Malawi ; les Swahili de la côte racontent des histoires très proches sous le nom de Sungura. Dans ce vaste domaine, il est le héros le plus populaire des veillées.
Ses adversaires sont presque toujours plus grands et plus forts que lui : le lion, l'éléphant et, plus souvent encore, l'hyène, qui finit dupée. Son tour le plus connu est celui de la corde. Kalulu tresse une longue corde de lianes, en tend un bout à l'éléphant, puis l'autre à l'hippopotame, en disant à chacun qu'il va mesurer sa force contre lui ; les deux géants tirent toute la journée sans se voir, chacun persuadé de lutter contre le lièvre. Alice Werner signalait déjà ce conte chez les Nyanja, les Ila, les Bemba et les Nsenga, avec des variantes qui changent les animaux engagés.
Kalulu n'est pas pour autant un modèle de vertu : ses ruses servent souvent sa gourmandise ou sa vanité autant que sa survie. C'est précisément ce mélange qui le rend intéressant pour les auditeurs : on admire l'intelligence du plus faible sans ignorer ce qu'elle peut avoir de cruel. Ruth Finnegan a insisté sur l'importance de la performance dans ces récits, où le conteur joue les voix, chante et fait participer son public.
Werner rattachait déjà les aventures de Kalulu et de Sungura aux contes de Brer Rabbit du sud des États-Unis, en soulignant le rôle des captifs déportés depuis les ports d'Afrique orientale, même si l'origine exacte de ces récits afro-américains fait intervenir plusieurs régions africaines. Le lièvre des contes bantous a des cousins ailleurs sur le continent, comme la tortue Ijapa chez les Yoruba ou l'araignée Anansi chez les Akan, sans qu'on puisse établir entre eux une filiation directe.
Culte contemporain
Toujours transmis dans les contes populaires à travers l'Afrique centrale et australe, avec de nombreuses variantes régionales du nom et des épisodes.
Notes
Structurellement comparable à Ijapa (Yoruba) ou au lièvre des traditions ouest-africaines : le motif du petit animal rusé triomphant du plus fort traverse la quasi-totalité des régions africaines sous des figures locales distinctes.
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Sources
- Werner, A. (1933). Myths and Legends of the Bantu
- Finnegan, R. (1970). Oral Literature in Africa