Kaydara
RécitFulani (Peul)
Conte initiatique peul relatant le voyage de trois jeunes hommes à la recherche de Kaydara, génie souterrain incarnant la connaissance suprême, dont la quête révèle progressivement leurs caractères respectifs (sagesse, richesse, pouvoir) et enseigne une hiérarchie de valeurs spirituelles.
- initiation
- sagesse
- quête spirituelle
En détail
Kaydara (ou Kaïdara) est un grand récit initiatique des Peuls, peuple de pasteurs dispersé du Sénégal au Cameroun, que l'écrivain et ethnologue malien Amadou Hampâté Bâ a recueilli et publié en 1969, puis repris en prose. Il raconte le voyage de trois compagnons vers le pays souterrain de Kaydara, dieu de l'or et de la connaissance, émanation de Guéno, le dieu suprême. Sous la forme d'une aventure merveilleuse, le texte expose ce que la tradition peule entend par savoir, et ce qu'il en coûte de le confondre avec la richesse.
Hammadi, Hamtoudo et Dembourou se rencontrent par hasard et descendent ensemble au pays des nains-génies. Ils y traversent une série d'épreuves où surgissent onze symboles, parmi lesquels un caméléon, une chauve-souris, un scorpion, un vieillard à forme de serpent, trois puits ou un homme au bois mort. Chacun déclare appartenir au pays des nains et que son secret est à Kaydara. Au terme du voyage, le dieu leur donne de l'or, chargé sur des bœufs, et chacun annonce ce qu'il compte en faire : Dembourou rêve de pouvoir et de gloire, Hamtoudo d'opulence, et Hammadi veut d'abord comprendre ce qu'ils ont vu.
Sur le chemin du retour, les trois hommes croisent un petit vieillard qui propose d'expliquer les symboles contre de l'or. Seul Hammadi accepte de payer ; ses deux compagnons, qui s'accrochent à leur trésor, meurent en route. Devenu roi par sa bonté, Hammadi reçoit plus tard d'un vieux mendiant, qui n'est autre que Kaydara, la clé des onze symboles, dont chacun porte plusieurs sens, bénéfique et néfaste. La leçon ne condamne pas l'or : elle en fait l'appui du savoir, qui écrase celui qui le prend pour une fin en soi.
Le texte connu aujourd'hui est une mise en forme littéraire, et Hampâté Bâ a toujours présenté ses publications comme la transcription d'un savoir oral destiné à un cercle restreint. Kaydara a nourri de nombreuses études et plusieurs éditions illustrées ; il est souvent lu avec Njeddo Dewal, mère de la calamité, autre conte initiatique peul publié par Hampâté Bâ dans le même volume en 1994. Le récit donne aussi une image du panthéon peul complémentaire de celle de la fiche Doondari, où Guéno apparaît comme l'éternel qui triomphe de la mort.
Culte contemporain
Rendu largement accessible par la transcription et traduction d'Amadou Hampâté Bâ (1969), qui en a fait l'un des textes initiatiques peuls les plus étudiés hors de son contexte oral d'origine.
Notes
Le texte de Hampâté Bâ est lui-même une mise en forme littéraire d'un récit initiatique oral transmis dans des cercles restreints ; sa publication a suscité des débats sur la publicité donnée à un savoir traditionnellement réservé aux initiés.
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Sources
- Hampâté Bâ, A. (1969). Kaydara
- Hampâté Bâ, A. (1994). Contes initiatiques peuls: Njeddo Dewal, mère de la calamité; Kaïdara
- Sanogo, A. (2017). L'expression langagière du merveilleux dans Kaïdara d'Amadou Hampâté Bâ