Komo

Rite

Bambara · Mandingue

Société d'initiation masculine bambara transmettant un savoir ésotérique gradué sur la cosmologie, la nature et l'ordre social, marquée par l'usage de masques redoutés et de savoirs tenus secrets vis-à-vis des non-initiés.

  • initiation
  • savoir ésotérique
  • masculinité rituelle

En détail

Le Komo est l'une des principales sociétés d'initiation masculines des Bambara (Bamana) et d'autres peuples mandingues du Mali et de Guinée. Il réunit les hommes circoncis d'un village autour d'un savoir réservé sur l'origine du monde, les plantes, les forces invisibles et la conduite de la vie collective. Sa réputation tient autant à ce savoir qu'à la crainte qu'il inspire : ses masques et ses objets de pouvoir ne doivent pas être vus par les femmes ni par les non-initiés, et lors de ses sorties nocturnes, ceux qui n'en sont pas doivent rester enfermés.

Dans le système décrit par Dominique Zahan, les jeunes Bambara passent d'abord par le N'domo, la société des enfants non circoncis, puis par la circoncision, avant de pouvoir entrer au Komo, dont le rôle est de leur révéler « les mystères de la connaissance ». D'autres sociétés prennent ensuite le relais, jusqu'au Korè, la plus haute. L'historien de l'art Patrick McNaughton a montré le rôle central des forgerons : maîtres du feu et de la transformation de la matière, ils sont membres de naissance, dirigent souvent les sections locales et fournissent les principaux officiants, qui pratiquent la divination et peuvent trancher des conflits.

Le masque komo, le komokun, se porte sur le dessus de la tête comme un casque et non devant le visage. Zahan y voit une hyène dont les mâchoires expriment la force écrasante du savoir, un savoir qui existe en dehors de l'homme et « descend » sur lui lorsqu'il l'acquiert. McNaughton le décrit plutôt comme un assemblage de parties animales, cornes, piquants de porc-épic, plumes, recouvert d'une croûte de matières sacrificielles. Avec les boliw, ces objets de pouvoir gardés dans des cases fermées, il est activé lors de cérémonies nocturnes où le danseur, souvent un jeune forgeron, affronte les forces néfastes pour en purifier le village, au son de rhombes et de gongs de fer.

Le Komo a reculé au cours du 20e siècle sous l'effet de l'islamisation et des transformations de la vie rurale, mais il subsiste dans des régions rurales. Ses masques, recherchés par les collectionneurs, figurent aujourd'hui dans de grands musées occidentaux, ce qui pose une question délicate : des objets dont la force tenait au secret sont désormais exposés à tous. Dans le codex, le Komo se rattache au récit de création bambara opposant Pemba, Mousso Koroni et Faro, dont il transmet progressivement le sens aux initiés.

Attributs

  • masque komo (bois, cornes, matières organiques)
  • hiérarchie de grades initiatiques

Généalogie

Entités liées
L'épopée de Ségou

Récits associés

Culte contemporain

Pratique en net déclin depuis le 20e siècle sous la pression de l'islamisation et des transformations sociales, mais des formes subsistent dans certaines régions rurales du Mali et de Guinée.

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Sources

  • Zahan, D. (1960). Sociétés d'initiation bambara: le N'domo, le Korè
  • McNaughton, P.R. (1988). The Mande Blacksmiths: Knowledge, Power, and Art in West Africa
  • McNaughton, P.R. (1979). Secret Sculptures of Komo: Art and Power in Bamana (Bambara) Initiation Associations
  • Dieterlen, G. & Cissé, Y. (1972). Les fondements de la société d'initiation du Komo
  • Zahan, D. (1987). Bambara Religion

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