Doondari

Divinité

Fulani (Peul)

Dieu créateur dans certaines traditions cosmogoniques peules, qui aurait créé le monde à partir d'une goutte de lait en cinq étapes successives (la pierre, le fer, le feu, l'eau, l'air), chacune engendrant la suivante, avant de façonner l'homme à partir de ces cinq éléments.

  • création
  • éléments primordiaux

En détail

Doondari est le nom donné au dieu créateur dans un récit de création attribué aux Peuls (Fulani), peuple de pasteurs répandu du Sénégal au Cameroun. Le texte, bref et construit comme une litanie, est devenu l'un des mythes africains les plus cités depuis sa publication en anglais par Ulli Beier en 1966, dans une anthologie de récits de création africains. Son succès tient à sa forme : chaque étape de la création engendre la suivante, puis chaque créature orgueilleuse appelle celle qui la vaincra.

Au commencement, dit le récit, il n'y avait qu'une immense goutte de lait, image parlante pour un peuple d'éleveurs de bovins. Doondari descend et crée la pierre ; la pierre crée le fer, le fer le feu, le feu l'eau, et l'eau l'air. Doondari descend une deuxième fois, prend ces cinq éléments et en façonne l'homme. Mais l'homme est orgueilleux : Doondari crée la cécité, qui le vainc. Quand la cécité devient trop fière, il crée le sommeil, qui vainc la cécité ; puis le souci, qui vainc le sommeil ; puis la mort, qui vainc le souci. Quand la mort à son tour devient orgueilleuse, Doondari descend une troisième fois, sous le nom de Guéno, l'Éternel, et triomphe de la mort.

La leçon porte moins sur la création elle-même que sur l'humilité : aucune force, pas même la mort, n'a le dernier mot face au créateur. La fin du poème relie Doondari à Guéno, nom du dieu suprême dans les textes initiatiques peuls publiés par Amadou Hampâté Bâ, comme Koumen ou Kaydara, où Guéno est la source de toute chose.

La provenance exacte du récit reste mal documentée : l'anthologie de Beier ne permet pas de savoir de quel groupe peul, de quelle région ni de quel conteur il provient. Les traditions peules sont très diverses, et l'islam, adopté par une grande partie des Peuls depuis plusieurs siècles, a profondément transformé leur vocabulaire religieux. Il vaut donc mieux lire ce texte comme une version parmi d'autres, et non comme la cosmogonie peule unique.

Notes

La cosmogonie peule connaît plusieurs versions et noms divins selon les régions (Doondari, Geno/Gueno) ; les traditions peules, très diverses géographiquement (du Sénégal au Cameroun), n'ont pas de forme unique et standardisée du récit.

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Sources

  • Hampâté Bâ, A. & Dieterlen, G. (1961). Koumen: Texte initiatique des pasteurs peuls
  • Seydou, C. (1977). La devise dans la culture peule: évocation et invocation de la personne
  • Beier, U. (1966). The Origin of Life and Death: African Creation Myths

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