Dan Aïdo-Hwedo

Divinité

Aussi connu·e sous : Aido-Hwedo, Dan

Fon (Dahomey)

Serpent cosmique fon soutenant et entourant le monde tel un anneau, créé par Mawu-Lisa pour porter la terre lors de sa création. Se mordant la queue, il maintient la cohésion de l'univers et provoquerait des tremblements de terre en se déplaçant.

  • cosmos
  • stabilité du monde
  • mouvement tellurique

En détail

Aïdo-Hwedo est le grand serpent cosmique de la religion vodun des Fon du Bénin, associé à l'arc-en-ciel. Il appartient à la famille des Dan (ou Da), les vodun serpents liés au mouvement, à la continuité et à la richesse. Sa place est singulière : dans l'un des récits recueillis à Abomey par Melville et Frances Herskovits, un narrateur précise qu'il est bien un vodun mais qu'il n'est pas un enfant de Mawu, car il existait avant eux et serait arrivé avec le premier homme et la première femme. Il est l'auxiliaire de la création plutôt que l'un de ses produits.

Le même récit raconte que Mawu, en façonnant le monde, se faisait porter dans la gueule du serpent. Le relief garde la trace de ce voyage : la terre ondule et se creuse parce qu'elle suit les mouvements d'Aïdo-Hwedo, et les montagnes se sont formées là où ils se reposaient, à partir de ses excréments, ce qui explique que l'on trouve des richesses dans leurs entrailles. Une fois l'œuvre achevée, la terre était trop lourde, chargée d'arbres, de montagnes et d'éléphants. Mawu demanda au serpent de s'enrouler en cercle sous elle pour lui servir de coussinet de portage, comme celui que l'on pose sur la tête pour porter une charge. Comme il n'aime pas la chaleur, elle créa la mer pour qu'il y vive, même si c'est Agbe, fils de Mawu, qui règne sur les eaux. Quand il bouge, la terre tremble.

Des compilations plus récentes de mythologie africaine ajoutent une fin des temps : le serpent se nourrirait de barres de fer forgées sous la mer, et le jour où elles viendraient à manquer, il dévorerait sa propre queue et la terre glisserait dans l'océan. Ce motif ne figure pas dans les récits publiés par les Herskovits en 1958 et son origine précise reste mal documentée ; il faut le tenir pour une variante et non pour le cœur de la tradition. L'image du serpent qui se mord la queue, en revanche, appartient bien à l'iconographie fon : on la voit notamment sur un bas-relief des palais royaux d'Abomey.

La traversée de l'Atlantique a fait d'Aïdo-Hwedo l'un des exemples les plus nets de continuité religieuse entre le golfe du Bénin et les Amériques. Dans le vodou haïtien, Danbala Wèdo, le serpent blanc, et son épouse Ayida Wèdo, l'arc-en-ciel, reprennent à la fois le nom et les attributs du vodun fon, sans passer par un équivalent yoruba. Il ne faut pas le confondre avec Dangbe, le python sacré honoré à Ouidah, qui relève d'un autre culte du même ensemble serpentin.

Attributs

  • forme d'ouroboros (serpent se mordant la queue)
  • arc-en-ciel

Généalogie

Entités liées
Mawu-Lisa, Damballa, Ayida-Wédo, Vodou haïtien

Notes

Figure directement à l'origine de Damballa et Ayida-Wédo dans le vodou haïtien, illustrant une filiation mythologique directe et bien documentée entre Afrique de l'Ouest et diaspora.

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Sources

  • Herskovits, M.J. (1938). Dahomey: An Ancient West African Kingdom
  • Blier, S.P. (1995). African Vodun: Art, Psychology, and Power
  • Herskovits, M.J. & Herskovits, F.S. (1958). Dahomean Narrative: A Cross-Cultural Analysis

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