Comment Anansi obtint les histoires du ciel
RécitAkan
Conte fondateur expliquant pourquoi les contes populaires sont appelés 'histoires d'Anansi' chez les Akan : Anansi négocie avec le dieu du ciel Nyame l'achat de toutes les histoires du monde, en échange de la capture de créatures redoutées jugées impossibles à attraper (un frelon, un python géant, un léopard).
- ruse
- narration
- négociation
En détail
Chez les Akan du Ghana, tous les contes populaires, qu'ils parlent de l'araignée ou non, portent le nom d'anansesem, « les histoires d'Anansi ». Ce récit explique d'où vient cette appellation. Au commencement, les histoires n'appartenaient pas aux humains : elles étaient la propriété de Nyame, le dieu du ciel, qui refusait de les céder à quiconque. Anansi, petit, faible et sans richesse, monte jusqu'à lui pour les acheter, alors que des chefs puissants avaient déjà échoué.
Nyame fixe un prix qu'il croit impossible à payer. Dans la version recueillie en twi par le Britannique R. S. Rattray et publiée en 1930, il exige Onini le python, Osebo le léopard, Mmoboro les frelons et Mmoatia, un petit être de la forêt qu'on traduit souvent par « fée ». Anansi ajoute de lui-même sa vieille mère, Ya Nsia, à la liste. Chaque capture repose sur une ruse. Il feint une dispute avec son épouse Aso sur la longueur du python ; vexé, celui-ci accepte de s'allonger contre une palme pour trancher la question et se laisse attacher. Le léopard tombe dans une fosse creusée sur son chemin, et Anansi le ligote en faisant mine de l'aider à en sortir. Aux frelons, il fait croire qu'une averse arrive en les arrosant d'eau, puis leur offre une calebasse vide comme abri et la referme. Pour Mmoatia, il sculpte une poupée enduite de glu, dépose devant elle une purée d'igname et attend que la créature, furieuse de ne recevoir aucune réponse, la frappe et reste collée.
Devant la cour réunie, Nyame reconnaît que d'autres ont échoué là où Anansi a réussi et lui remet les histoires, qui deviennent désormais « histoires d'araignée ». Le conte fonctionne comme une scène fondatrice du répertoire tout entier : chaque fois qu'un conteur akan prend la parole, il raconte, au sens propre, un bien qu'Anansi a acquis. Le récit dit aussi quelque chose de la valeur qu'on accorde à la parole : les histoires se paient cher, et c'est l'intelligence du plus faible, non la puissance, qui les fait passer du ciel à la terre.
Cette histoire a beaucoup circulé hors du Ghana. Elle a accompagné les récits d'Anansi dans les Caraïbes, et l'album de Gail E. Haley, A Story, a Story (1970), qui l'adapte d'après la tradition akan, l'a fait connaître à des générations d'enfants anglophones. Les versions abrégées retiennent souvent trois épreuves au lieu de quatre et effacent le rôle d'Aso ou le détail de la mère offerte en supplément, qui figurent pourtant dans la source publiée par Rattray.
Généalogie
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Sources
- Rattray, R.S. (1930). Akan-Ashanti Folk-Tales
- Vecsey, C. (1981). The Exception Who Proves the Rules: Ananse the Akan Trickster
- Haley, G.E. (1970). A Story, a Story: An African Tale