Mami Wata
DivinitéAussi connu·e sous : Maman de l'eau, Watermama
panafricain (Afrique de l'Ouest et Centrale) · diasporas afro-américaines et afro-caribéennes
Esprit ou panthéon d'esprits aquatiques associé à la beauté, la richesse et le danger. Culte largement répandu le long des côtes ouest et centre-africaines, exporté ensuite vers les Amériques.
- eau
- fertilité
- richesse
- séduction
En détail
Mami Wata, « Mère de l'eau » en pidgin, désigne à la fois un esprit des eaux et toute une catégorie d'esprits aquatiques honorés le long des côtes d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale, puis dans les Amériques. Elle apparaît le plus souvent sous l'aspect d'une femme d'une grande beauté, parfois à queue de poisson, souvent accompagnée d'un serpent. Elle peut apporter la richesse, la réussite et la guérison, mais ses faveurs se paient : ses fidèles doivent respecter des interdits stricts, et elle est aussi tenue pour responsable de noyades, de stérilités ou de ruines soudaines.
L'histoire de son image est l'un des cas de circulation les mieux documentés de l'art religieux africain. L'historien de l'art Henry John Drewal a retracé l'origine de l'iconographie la plus répandue : une chromolithographie imprimée à Hambourg dans les années 1880 par l'entreprise d'Adolph Friedländer, qui représentait une charmeuse de serpents de spectacle. Ce portrait a circulé en Afrique de l'Ouest dès la fin du XIXe siècle, puis a été réimprimé en 1955 à Bombay, à partir d'un exemplaire envoyé par des commerçants installés à Kumasi, au Ghana. À partir du milieu du XXe siècle, des images de divinités hindoues, vendues sur la côte par des commerçants indiens, ont à leur tour été intégrées aux autels, chez les Ewe notamment, où elles figurent certains esprits de l'eau. Loin d'être une tradition figée, son culte n'a cessé d'absorber des formes venues d'ailleurs.
Dans les Amériques, les esprits des eaux arrivés avec la traite ont pris d'autres noms : La Sirène (Lasirèn) dans le vodou haïtien, proche de la famille des Ezili, et, dans une certaine mesure, Yemayá ou Iemanjá dans la santería et le candomblé. Le nom même de Mami Wata s'est diffusé plus tard, par les échanges continus entre l'Afrique et ses diasporas, jusqu'à désigner des pratiques afro-américaines contemporaines. Cette double histoire rappelle que les liens religieux entre le continent et les Amériques ne se sont pas arrêtés avec la fin de l'esclavage.
Attributs
- miroir
- peigne
- serpent
- queue de poisson dans certaines représentations
Culte contemporain
Culte vivant au Bénin, Togo, Nigeria, RDC ; retrouvé sous des formes syncrétiques dans le vaudou haïtien (La Sirène) et certaines traditions afro-brésiliennes.
Notes
Le culte a intégré des éléments iconographiques venus d'ailleurs : une chromolithographie de charmeuse de serpents imprimée à Hambourg dans les années 1880, réimprimée à Bombay en 1955, puis des images de divinités hindoues diffusées sur la côte au 20e siècle, illustrant un syncrétisme continu plutôt qu'une tradition figée.
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Sources
- Drewal, H.J. (2008). Mami Wata: Arts for Water Spirits in Africa and Its Diasporas