Marie Laveau

Héros

Louisianais (voodoo de La Nouvelle-Orléans)

Figure historique devenue légendaire, réputée 'reine du voodoo' de La Nouvelle-Orléans au 19e siècle, guérisseuse et praticienne influente dont la vie réelle et les pouvoirs surnaturels qui lui sont attribués se sont largement mêlés dans la mémoire populaire.

  • guérison
  • influence sociale
  • magie populaire

En détail

Marie Laveau (1801-1881) est la plus célèbre des « reines du vaudou » de La Nouvelle-Orléans. Femme libre de couleur, créole de langue française, elle fut au 19e siècle une praticienne religieuse et une guérisseuse dont l'autorité dépassait largement la communauté noire de la ville. Elle compte parce qu'elle incarne à elle seule le vaudou louisianais, tradition née de la rencontre entre des héritages d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale, des apports venus de Saint-Domingue et le catholicisme local, et parce que sa légende a fini par recouvrir presque entièrement sa vie réelle.

Les archives en donnent une image assez précise. Mariée en 1819 à Jacques Paris, qui meurt peu après, elle vit ensuite avec Christophe Glapion, dont elle a plusieurs enfants. Catholique pratiquante, elle fait baptiser ses enfants à la cathédrale Saint-Louis. Les journaux de l'époque la montrent donnant des consultations, vendant des gris-gris et présidant, la veille de la Saint-Jean, des rassemblements au bord du lac Pontchartrain, avec feux, tambours, chants et bains rituels. Un article de 1871 la décrit dressant des autels dans les cellules de condamnés à mort qu'elle visitait. Le métier de coiffeuse auprès de familles blanches aisées, souvent avancé pour expliquer sa connaissance des secrets de la ville, relève surtout de la tradition orale et n'est que faiblement attesté par les documents.

L'autre nœud de la légende est « Marie Laveau II ». La mémoire populaire veut qu'une de ses filles ait repris son rôle, ce qui expliquerait des témoignages sur une Marie Laveau encore jeune à des dates où la première aurait dû être âgée. Or sa fille aînée, Marie Héloïse Euchariste Glapion, est morte en 1862, avant sa mère, et la cadette, Marie Philomène, est décrite par ceux qui l'ont connue comme une catholique rigide sans lien avec le vaudou. L'identité d'une éventuelle héritière reste donc inconnue, comme l'a montré l'historienne Carolyn Morrow Long.

Marie Laveau repose dans le tombeau de la famille Paris, au cimetière Saint-Louis n° 1. La coutume d'y tracer trois croix en demandant une faveur a entraîné tant de dégradations que l'archidiocèse n'autorise plus, depuis 2015, les visites qu'avec un guide agréé. Zora Neale Hurston, qui étudia le hoodoo à La Nouvelle-Orléans à la fin des années 1920, rapporte dans Mules and Men avoir appris auprès d'un certain Luke Turner, qui se disait petit-neveu de Marie Laveau : un signe de plus de la place que son nom occupe encore dans la transmission de ces savoirs.

Attributs

  • tombeau visité au cimetière Saint-Louis n°1, réputé exaucer les vœux

Culte contemporain

Son tombeau reste un site de pèlerinage populaire à La Nouvelle-Orléans, où des visiteurs continuent de laisser des offrandes malgré les mesures de protection patrimoniale mises en place face au vandalisme.

Notes

La distinction entre Marie Laveau historique (documentée par des actes d'état civil et des témoignages d'époque) et la figure largement mythifiée par la culture populaire ultérieure reste difficile à établir avec certitude, la plupart des récits populaires mêlant les deux librement.

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Sources

  • Ward, M. (2004). Voodoo Queen: The Spirited Lives of Marie Laveau
  • Fandrich, I.J. (2005). The Mysterious Voodoo Queen, Marielle Laveaux
  • Long, C.M. (2006). A New Orleans Voudou Priestess: The Legend and Reality of Marie Laveau

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