Domba

Rite

Aussi connu·e sous : Danse du python

Venda

Cérémonie d'initiation venda pour les jeunes filles nubiles, marquée par une danse collective en ligne ondulante évoquant le mouvement d'un python, symbolisant la fertilité et le passage à l'âge adulte.

  • initiation
  • fertilité
  • passage à l'âge adulte

En détail

Le domba est la dernière et la plus prestigieuse des écoles d'initiation féminine des Venda, peuple du nord-est de l'Afrique du Sud, dans l'actuelle province du Limpopo. Une jeune fille y passait traditionnellement après deux étapes préalables : le vhusha, tenu peu après les premières règles, puis le tshikanda. Le domba venait clore ce parcours avant le mariage, et c'est lui qui fondait l'essentiel de la position sociale d'une femme adulte : l'ancienneté qu'il conférait déterminait l'accès aux conseils féminins, aux réseaux d'entraide et à certaines consommations cérémonielles.

Contrairement au vhusha, que n'importe quel chef de district pouvait organiser plusieurs fois par an, le domba ne se tenait qu'à intervalles de trois à cinq ans, au siège d'un chef. Il s'étendait sur de longs mois. Les novices recevaient des enseignements (milayo) transmis par des spécialistes sous forme de proverbes, de devinettes, de chants et de saynètes, et répétaient au rythme des tambours la danse qui a donné son surnom au rite. Rangées en une longue file, chacune tenant le bras de celle qui la précède, elles forment une chaîne qui ondule comme un python. Le serpent est associé à la fécondité, et la danse est souvent décrite comme une évocation du mouvement de l'enfant dans le ventre de sa mère ; le lac Fundudzi, que la tradition venda présente comme la demeure d'un python sacré, est régulièrement cité dans ce contexte. Chez les Venda, ce sont aussi les femmes qui jouent le grand tambour ngoma.

L'essentiel de ce que l'on sait du domba vient de l'ethnomusicologue John Blacking, qui passa près de deux ans en pays venda à la fin des années 1950. Il enregistra, filma et transcrivit les chants et la musique du rite, dont il analysa la structure rythmique avec une précision rare, et c'est en partie à partir de cette expérience qu'il développa ses réflexions sur la musicalité humaine. Son travail complète l'ethnographie plus ancienne de Hugh Stayt, publiée en 1931.

La transmission du domba est aujourd'hui fragilisée. Sa durée a été raccourcie là où il se pratique encore, et ses chants, comme d'autres répertoires de l'enfance venda, sont considérés comme menacés. Il occupe dans le codex une place symétrique de l'ukwaluko xhosa : deux initiations qui font de l'entrée dans l'âge adulte une affaire collective, l'une centrée sur les jeunes femmes, l'autre sur les jeunes hommes.

Attributs

  • danse en ligne ondulante
  • tambours domba

Généalogie

Entités liées
Lac Fundudzi

Culte contemporain

Pratiqué encore dans certaines communautés venda d'Afrique du Sud contemporaine, bien que sous des formes parfois raccourcies par rapport à sa durée traditionnelle de plusieurs mois.

Tags

Sources

  • Blacking, J. (1969). Songs, Dances, Mimes and Symbolism of Venda Girls' Initiation Schools
  • Stayt, H.A. (1931). The BaVenda

À lire aussi