Ukwaluko

Rite

Xhosa

Rite traditionnel xhosa de passage à l'âge adulte pour les jeunes hommes, incluant la circoncision suivie d'une période d'isolement et d'enseignement dans la brousse, encadrée par des initiés plus âgés.

  • initiation masculine
  • passage à l'âge adulte
  • transmission du savoir

En détail

L'ulwaluko (souvent écrit ukwaluko) est l'initiation masculine des Xhosa d'Afrique du Sud, qui fait passer un garçon (inkwenkwe) au statut d'homme (indoda). Elle comprend une circoncision pratiquée par un opérateur traditionnel, puis une réclusion de plusieurs semaines hors du village. Chez les Xhosa, être indoda ouvre des droits et des responsabilités (se marier, prendre la parole dans les affaires familiales, participer aux rituels des ancêtres) qu'aucun autre parcours ne confère, et un homme non initié reste, aux yeux de beaucoup, un garçon quel que soit son âge.

La circoncision est effectuée par l'ingcibi, le chirurgien traditionnel. Les novices, appelés abakhwetha, vivent ensuite dans une hutte isolée, le corps couvert d'argile blanche, sous la surveillance d'un gardien, l'ikhankatha, qui soigne leurs plaies et leur transmet les règles de conduite de l'homme adulte. À la fin de la réclusion, la hutte et tout ce qui a servi aux initiés sont brûlés ; ils reçoivent une couverture neuve et deviennent des amakrwala, des « hommes nouveaux », qui doivent encore observer pendant un temps certaines règles vestimentaires et de comportement.

Tous les peuples nguni ne pratiquent pas ce rite de la même façon. Les Zulu, en particulier, avaient abandonné la circoncision au 19e siècle, une décision attribuée à Shaka, qui jugeait la convalescence trop longue pour ses guerriers ; le roi Goodwill Zwelithini a appelé en 2009 à la rétablir, dans le cadre de la lutte contre le VIH. L'anthropologue Sakhumzi Mfecane a montré combien la notion xhosa d'indoda reste liée à la circoncision traditionnelle, au point que les hommes circoncis à l'hôpital ne sont pas toujours reconnus comme de « vrais » hommes.

Le rite est aussi au cœur d'un débat de santé publique. Chaque saison, des initiés meurent ou subissent des amputations, en particulier dans des écoles clandestines ou mal encadrées. La province du Cap-Oriental a légiféré dès 2001, et le Parlement sud-africain a adopté en 2021 une loi sur l'initiation coutumière qui crée un comité national de surveillance. Louise Vincent a analysé ces tentatives de réglementation comme un compromis délicat entre liberté culturelle et protection de la santé. Le domba venda, présenté dans une autre fiche, offre un point de comparaison du côté des initiations féminines.

Généalogie

Entités liées
Intonjane

Culte contemporain

Pratique toujours largement observée en Afrique du Sud contemporaine, mais ayant fait l'objet de controverses sanitaires importantes ces dernières décennies en raison de complications médicales graves survenues dans certains camps d'initiation mal encadrés, entraînant des réformes réglementaires.

Notes

Les incidents sanitaires graves associés à certains camps d'initiation informels ou mal encadrés ont conduit à des réformes légales en Afrique du Sud ; il s'agit d'un sujet sensible où tradition culturelle et santé publique continuent d'être mises en balance par les communautés elles-mêmes.

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Sources

  • Vincent, L. (2008). Cutting Tradition: The Political Regulation of Traditional Circumcision Rites in South Africa's Liberal Democratic Order
  • Mfecane, S. (2016). "Ndiyindoda" [I am a man]: theorising Xhosa masculinity. Anthropology Southern Africa

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