Ubungoma

Rite

Aussi connu·e sous : Isangoma (le/la praticien·ne)

Zulu · Xhosa · Sotho

Pratique de divination et de guérison assurée par des devins-guérisseurs (izangoma), reposant sur la communication avec les esprits ancestraux, la transe et la lecture des os (divination osseuse).

  • divination
  • guérison
  • ancestralité
  • transe

En détail

L'ubungoma désigne l'art et la vocation des izangoma (singulier isangoma), les devins-guérisseurs des peuples nguni d'Afrique du Sud, en particulier Zulu et Xhosa, dont on retrouve des équivalents chez les Sotho et d'autres voisins. L'isangoma est d'abord un intermédiaire : il ou elle reçoit des ancêtres les informations nécessaires pour établir la cause d'une maladie ou d'un malheur, qui peut être physique, sociale ou spirituelle. Le recours à ces praticiens reste massif en Afrique du Sud, souvent en parallèle de la médecine hospitalière.

Il faut distinguer l'isangoma de l'inyanga. Le second est avant tout un connaisseur des remèdes tirés des plantes et des animaux ; le premier fonde son diagnostic sur la divination. Dans la pratique, les rôles se recouvrent souvent. Les techniques divinatoires varient : jet d'os et d'autres objets dont la disposition est attribuée aux ancêtres, transe obtenue par le tambour, le chant et la danse, interprétation des rêves. On ne choisit pas ce métier. La vocation se manifeste par une affection durable, l'ukuthwasa, que ni les soins ordinaires ni la médecine ne guérissent, et qui cesse lorsque la personne accepte l'appel. Le novice (ithwasa) entre alors en formation auprès d'un maître, le gobela, pour une durée de quelques mois à plusieurs années, faite de purifications, de sacrifices, d'abstinence et d'éloignement de sa famille.

L'anthropologue zulu Harriet Ngubane a souligné que les devins sont en majorité des femmes, et que les hommes appelés à la fonction adoptent souvent, dans ce cadre, des vêtements et des attitudes féminins. Elle rattache ce fait à la place des femmes dans la médiation avec les ancêtres. D'autres travaux, dont ceux de W. D. Hammond-Tooke, replacent l'ubungoma dans un ensemble plus large de pratiques de guérison d'Afrique australe, où se retrouvent des mécanismes proches, comme chez les Tsonga (voir la fiche swikwembu).

La Loi sur les praticiens de santé traditionnelle de 2007 reconnaît légalement en Afrique du Sud les devins, les herboristes, les accoucheuses et les circonciseurs traditionnels ; un conseil provisoire chargé de les enregistrer a été installé en 2013. Cette reconnaissance ne met pas fin aux débats, qui portent sur la sécurité de certains remèdes, sur l'authenticité de praticiens autoproclamés dans les villes, ou sur l'usage persistant de termes comme « sorcier » pour désigner des soignants qui se définissent eux-mêmes tout autrement.

Attributs

  • os de divination
  • tenue rituelle
  • transe induite par le tambour et la danse

Culte contemporain

Pratique très vivante en Afrique du Sud contemporaine, reconnue légalement via le Conseil sud-africain des praticiens de médecine traditionnelle (Traditional Health Practitioners Act).

Notes

Le processus d'appel à devenir isangoma (ukuthwasa) est lui-même vécu comme un rite de passage souvent précédé d'une période de maladie ou de crise interprétée comme un signe des ancêtres, plutôt qu'un choix de carrière ordinaire.

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Sources

  • Ngubane, H. (1977). Body and Mind in Zulu Medicine
  • Hammond-Tooke, W.D. (1989). Rituals and Medicines: Indigenous Healing in South Africa

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