Arbre de Nakayima

Rite

Aussi connu·e sous : Nakayima, Nakaima, Embuga ya Nakayima

Baganda · Banyoro · visiteurs de diverses régions de l'Ouganda

L'arbre de Nakayima est un très grand arbre aux racines en contreforts qui se dresse sur la colline de Mubende, dans le centre de l'Ouganda. La tradition le relie à Nakayima, médium de Ndahura, l'un des principaux esprits chwezi, et en fait un lieu de pèlerinage où l'on vient demander fécondité, guérison, travail ou prospérité. Le site, géré par les pouvoirs publics, a été fermé après la chute d'une branche qui a tué plusieurs fidèles en décembre 2024.

  • fécondité
  • guérison
  • prospérité
  • médiumnité

En détail

La colline de Mubende occupe une place importante dans les traditions du Bunyoro et du Buganda. Les récits dynastiques nyoro en font la capitale de Ndahura, premier roi chwezi, et l'historien David Schoenbrun la compte, avec Kasunga et Masaka, parmi les grands centres de guérison publique qui subsistaient au XVIIe siècle, après le déclin des grandes agglomérations de la région. L'arbre qui porte le nom de Nakayima pousse au sommet de cette colline. On le rattache à une femme, Nakayima, médium par laquelle s'exprimait Ndahura ; selon une tradition rapportée par plusieurs sources de presse et de tourisme, elle aurait disparu dans l'arbre.

Le site fonctionne comme un sanctuaire. L'ethnomusicologue Peter Hoesing, qui l'a visité en 2009 dans le cadre de ses recherches sur le kusamira, les rituels de guérison chantés du sud de l'Ouganda, décrit une médium en charge, qui se présentait comme « petite-fille de Nakayima » et portait un chapelet, signe que le culte des esprits, l'islam et le christianisme ne s'excluent pas. Les visiteurs apportaient du lait, des grains de café et de la petite monnaie ; la médium priait aux différents recoins formés par les racines, chacun consacré à un esprit, dont Nakayima, Kaliisa et Kiwanuka, et les demandes portaient sur le travail, les enfants et le foyer. L'arbre est associé à la fécondité des femmes comme du bétail. Les présentations du site mentionnent aussi des offrandes d'argent, d'animaux, de céréales et de beurre, ainsi que des interdits : on ne coupe pas les branches de l'arbre, et les femmes doivent porter des vêtements longs.

L'archéologie nuance l'image d'une ancienne capitale. Les fouilles d'Eric Lanning dans les années 1960 avaient mis au jour des traces d'occupation sur une douzaine d'acres, et Peter Robertshaw et Ephraim Kamuhangire, qui ont fouillé de nouveau la colline, n'y ont trouvé que les restes d'un petit village, tout en reconnaissant les limites de leurs sondages. Ils montrent que les sanctuaires chwezi de la région, comme celui de Bigo bya Mugenyi, sont aussi des lieux politiques, investis par les Baganda et par l'État ougandais, qui cherche dans l'histoire des Chwezi un récit d'unité nationale. À Mubende, le site est aujourd'hui sous le contrôle des autorités : le 4 décembre 2024, à l'aube d'une cérémonie annuelle de fin d'année, une branche s'est détachée et a tué plusieurs fidèles. Le lieu a été fermé, et les autorités locales ont posé en février 2025 des conditions à sa réouverture, dont une clôture tenant les visiteurs à distance de l'arbre.

Attributs

  • arbre à racines en contreforts
  • colline de Mubende
  • offrandes de lait, de café et de monnaie
  • interdit de couper les branches

Généalogie

Entités liées
Chwezi, Lubaale

Culte contemporain

Le site attire des pèlerins de diverses régions de l'Ouganda, qui viennent prier et déposer des offrandes, et une cérémonie annuelle s'y tient en fin d'année. Après l'accident du 4 décembre 2024, il a été fermé ; en février 2025, les autorités de Mubende subordonnaient sa réouverture à la pose d'une clôture et à l'aménagement d'autres lieux de prière. Sa réouverture éventuelle n'est pas documentée.

Notes

Les études académiques consacrées à l'arbre lui-même sont rares. Robertshaw et Kamuhangire évoquent le sanctuaire chwezi de Mubende sans le décrire. Les observations de Hoesing proviennent de son carnet de terrain publié en ligne (2009). L'âge de l'arbre (de 350 à plus de 600 ans selon les sites), son espèce, sa hauteur, le nombre de « pièces » formées par ses racines, la liste des offrandes (argent, animaux, céréales, beurre), les interdits et la tradition de la disparition de Nakayima dans l'arbre ne reposent que sur Wikipédia, la presse ougandaise et des sites touristiques. La presse présente aussi Nakayima comme liée à la variole, Ndahura étant tenu pour l'esprit de cette maladie ; ce point ne repose que sur la presse. Le bilan de l'accident de 2024 varie selon les journaux (de trois à cinq morts). Le nom de Nakayima est également porté, dans les listes royales du Buganda, par la mère du kabaka Kayima ; aucun lien avec la médium de Mubende n'est établi.

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Sources

  • Robertshaw, P. & Kamuhangire, E. (1996). The Present in the Past: Archaeological Sites, Oral Traditions, Shrines and Politics in Uganda, in Pwiti, G. & Soper, R. (dir.), Aspects of African Archaeology
  • Schoenbrun, D. (2013). A Mask of Calm: Emotion and Founding the Kingdom of Bunyoro in the Sixteenth Century, Comparative Studies in Society and History, 55 (3)
  • Lanning, E.C. (1966). Excavations at Mubende Hill, Uganda Journal, 30
  • Hoesing, P.J. (2021). Kusamira Music in Uganda: Spirit Mediumship and Ritual Healing

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