Rê
DivinitéAussi connu·e sous : Ra, Amon-Rê (forme syncrétique)
Égyptiens anciens
Dieu solaire suprême de la religion égyptienne, souverain des dieux, traversant le ciel le jour sur sa barque solaire puis affrontant chaque nuit le serpent du chaos Apophis dans le monde souterrain.
- soleil
- royauté divine
- création
- cycle jour-nuit
En détail
Rê est le soleil divinisé de l'Égypte ancienne et, pendant la plus grande partie de ses trois mille ans d'histoire religieuse, la figure qui se tient au sommet du panthéon. Son grand centre de culte était Iounou, la ville que les Grecs appelèrent Héliopolis, au nord de l'actuel Caire. Son importance déborde largement la religion : dès la IVe dynastie, les pharaons se proclament « fils de Rê », et ce titre restera jusqu'à la fin de la monarchie égyptienne l'un des éléments obligés du nom royal. Comprendre Rê, c'est comprendre sur quoi reposait la légitimité du roi.
Rê n'est pas une silhouette unique mais un dieu qui change d'aspect avec l'heure. Au matin il est Khépri, le scarabée qui pousse le disque hors de l'horizon ; à midi il règne sous son nom de Rê, souvent figuré en homme à tête de faucon coiffé du disque ; le soir, vieilli, il se confond avec Atoum. Il traverse le ciel en barque, puis passe la nuit dans le monde souterrain, où il doit repousser le serpent Apophis avant de renaître à l'aube. Sous la Ve dynastie, plusieurs rois lui élevèrent des temples solaires à ciel ouvert, dont celui de Niouserrê à Abou Gourab est le mieux connu.
Les récits le montrent aussi vulnérable. Dans le Livre de la Vache céleste, inscrit dans des tombes royales du Nouvel Empire, Rê devenu vieux apprend que les humains complotent contre lui. Il envoie son Œil, sous l'aspect d'Hathor devenue Sekhmet, les massacrer, puis se ravise et fait répandre sur les champs une bière teintée d'ocre rouge : la déesse la boit comme du sang, s'enivre et oublie sa tâche. Lassé, le dieu se retire alors dans le ciel, porté par Nout changée en vache. Un autre récit, conservé sur un papyrus de Turin, raconte comment Isis, par la morsure d'un serpent qu'elle a modelé, force Rê à lui livrer son nom secret, source de sa puissance.
Le prestige de Rê explique qu'on l'ait associé à d'autres grands dieux plutôt que de le remplacer : Amon de Thèbes devient Amon-Rê, « roi des dieux », au Moyen puis au Nouvel Empire, et Horus prend la forme de Rê-Horakhty, « Rê qui est Horus de l'horizon ». Ces fusions ne signifient pas qu'un dieu en absorbe un autre, mais qu'une même puissance peut se manifester sous plusieurs noms. Dans ce codex, Rê est le point d'attache de plusieurs fiches : son voyage nocturne, son adversaire Apophis, et les déesses (Sekhmet, Hathor, Tefnout) qui incarnent tour à tour son Œil.
Attributs
- disque solaire
- tête de faucon
- barque solaire
Généalogie
Récits associés
Notes
Fusionné à partir du Moyen Empire avec Amon sous la forme syncrétique Amon-Rê, illustrant les recompositions théologiques internes à la religion égyptienne au fil des dynasties.
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Sources
- Pinch, G. (2004). Egyptian Mythology: A Guide to the Gods, Goddesses, and Traditions
- Assmann, J. (1995). Egyptian Solar Religion in the New Kingdom
- Quirke, S. (2001). The Cult of Ra: Sun-Worship in Ancient Egypt