Pangool

Créature

Aussi connu·e sous : Fangool (singulier)

Serer

Esprits ancestraux intermédiaires de la religion serer, servant de lien entre Roog et les vivants. Invoqués pour la protection, la guérison et le maintien de l'ordre social, ils occupent des sites naturels sacrés (arbres, rivières, rochers).

  • ancestralité
  • protection
  • médiation spirituelle

En détail

Les pangool (au singulier fangool) sont les esprits ancestraux de la religion serer, au Sénégal et en Gambie. Roog, le dieu créateur, est trop lointain pour qu'on s'adresse à lui directement ; ce sont les pangool qui reçoivent les prières, les libations et les sacrifices, et qui transmettent les demandes des vivants. Ils sont au cœur de la vie religieuse serer, à tel point que Henry Gravrand a consacré au sujet tout un volume de sa grande étude sur cette civilisation.

Beaucoup de pangool sont d'anciens humains devenus esprits : fondateurs de villages, premiers défricheurs, chefs ou saints personnages dont la mémoire s'est attachée à un lieu. Leurs sanctuaires sont des arbres, des bosquets, des mares, des rochers ou des autels communautaires, et le serpent est leur manifestation la plus courante. Les lamanes, descendants des premiers occupants et maîtres de la terre, gardaient traditionnellement ces sanctuaires, tandis que les saltigui, prêtres et devins, dialoguent avec les pangool pour interpréter leurs messages. Chaque année, lors du xooy, ils annoncent en public les pluies, les récoltes et les dangers de la saison à venir.

Tous les pangool n'ont pas le même tempérament. Les auteurs qui les ont étudiés distinguent notamment des esprits exigeant du sang, à qui l'on offre des animaux ou de l'alcool, et des esprits pacifiques associés au lait, qui refusent la violence et les armes ; d'autres encore sont liés à l'eau. Cette diversité répond à celle de la société serer elle-même, organisée en lignages dont chacun entretient un lien privilégié avec ses propres protecteurs.

Dans les anciens royaumes du Sine et du Saloum, les pangool avaient aussi un poids politique : un souverain (maad ou bour) devait compter avec les sanctuaires et leurs gardiens pour asseoir sa légitimité. Le culte reste pratiqué aujourd'hui, y compris par des Serer qui se disent musulmans ou chrétiens, et le xooy de Fatick attire chaque année l'attention de la presse sénégalaise, signe que ces esprits n'appartiennent pas seulement au passé.

Attributs

  • sanctuaires naturels (arbres, rivières, rochers sacrés)

Généalogie

Entités liées
Roog

Culte contemporain

Le culte des pangool reste pratiqué au Sénégal contemporain, y compris de façon syncrétique par certains Serer se déclarant par ailleurs musulmans ou chrétiens.

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Sources

  • Gravrand, H. (1990). La civilisation sereer - Pangool
  • Kalis, S. (1997). Médecine traditionnelle, religion et divination chez les Seereer Siin du Sénégal

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