Palo Mayombe
RiteAussi connu·e sous : Las Reglas de Congo
Cubains
Tradition religieuse afro-cubaine d'origine kongo, centrée sur l'usage de chaudrons rituels (ngangas) contenant des matières organiques et symboliques censées abriter des esprits, utilisée pour la protection, la guérison ou l'influence sur autrui.
- magie rituelle
- esprits ancestraux
- protection
En détail
Le palo, qu'on appelle aussi palo monte ou reglas de Congo, rassemble à Cuba les traditions religieuses héritées des Africains d'origine kongo et, plus largement, bantoue. Son centre n'est pas un panthéon mais un objet : la nganga, ou prenda, un récipient consacré (souvent un chaudron de fer) où résident un esprit de mort, le nfumbe, et les forces de la nature qui y ont été réunies, bâtons du monte, terres, plantes et restes animaux ou humains. Le palero entretient avec cet esprit une relation d'échange et de travail : il le nourrit, le salue, et lui demande en retour protection, guérison ou intervention dans les affaires des vivants.
Le palo n'est pas un bloc. Les pratiquants distinguent plusieurs « règles », principalement mayombe, briyumba et kimbisa, parfois monte, chacune avec ses lignées, ses chants et ses manières de travailler. La Regla Kimbisa del Santo Cristo del Buen Viaje, formalisée au 19e siècle par Andrés Petit, est la plus ouvertement syncrétique : elle associe éléments kongo, catholiques, spirites et lucumí (yoruba). Chaque maison de culte, le munanso, est dirigée par un tata nganga ; on y entre par le rayamiento, une initiation accordée seulement après consultation, qui place le nouvel initié sous la protection de la nganga de son parrain. Chaque lignée possède ses firmas ou patipembas, signes tracés qui identifient la maison et ouvrent les grandes cérémonies.
La nganga cubaine prolonge un principe central des religions kongo, que l'on retrouve dans la fiche consacrée aux nkisi : un contenant chargé par un spécialiste, et animé par une puissance qu'il faut entretenir. En kikongo d'ailleurs, le mot nganga désigne ce spécialiste avant de désigner l'objet. Les images populaires, qui présentent le palo comme une pratique uniformément menaçante à cause de ses ossements et de sa terre de cimetière, écrasent cette logique d'échange avec les morts et la diversité des règles.
L'étude du palo doit beaucoup à Lydia Cabrera, dont El Monte (1954) puis Reglas de Congo (1979) reposent sur des décennies d'entretiens avec des descendants d'Africains asservis. Todd Ramón Ochoa en a donné en 2010 la première étude détaillée en anglais, fondée sur son apprentissage auprès de deux paleros de La Havane, où il décrit le palo comme une « société des morts ». Beaucoup de Cubains pratiquent à la fois le palo et la santería, sans confondre pour autant leurs origines, kongo pour l'un, yoruba pour l'autre.
Attributs
- nganga (chaudron rituel)
- ossements
- terre de cimetière
Généalogie
- Entités liées
- Nkisi, Santería (Regla de Ocha)
Culte contemporain
Pratique vivante à Cuba et dans la diaspora cubaine, souvent en parallèle de la santería, bien que les deux traditions restent distinctes par leurs origines (bantoue-kongo pour le palo, yoruba pour la santería).
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Sources
- Cabrera, L. (1954). El Monte
- Ochoa, T.R. (2010). Society of the Dead: Quita Manaquita and Palo Praise in Cuba
- Cabrera, L. (1979). Reglas de Congo: Palo Monte Mayombe