Mwana Pwo

Créature

Aussi connu·e sous : Pwo

Chokwe

Masque féminin idéalisé chokwe représentant une ancêtre exemplaire, incarnant la beauté, la fécondité et les vertus féminines transmises aux jeunes initiées, dansé traditionnellement par un homme lors des cérémonies publiques liées au mukanda.

  • féminité idéale
  • ancestralité
  • fécondité

En détail

Mwana pwo, « jeune femme » en chokwe, est un masque qui représente une ancêtre féminine chez les Chokwe du nord-est de l'Angola et des régions voisines de la République démocratique du Congo et de la Zambie. Il fait partie des akishi, les masques qui incarnent des esprits d'ancêtres, et c'est sans doute le plus célèbre d'entre eux : son visage aux yeux mi-clos et aux traits fins est devenu l'une des images les plus reconnues de l'art d'Afrique centrale.

Le visage sculpté reprend les marques de beauté que portaient les femmes chokwe. Sur le front apparaît souvent le cingelyengelye, un motif en forme de croix ; on le rattache généralement à des pendentifs cruciformes en métal portés comme amulettes, eux-mêmes inspirés des croix et médailles diffusées par les missionnaires catholiques depuis le XVIIe siècle, une filiation présentée comme probable plutôt que certaine. Sous les yeux, des marques appelées masoji figurent des larmes. Le masque est complété par une coiffure tressée et par un costume de fibres qui couvre tout le corps du danseur.

Car ce sont des hommes qui dansent Mwana pwo. Il apparaît surtout pendant le mukanda, la période d'initiation des garçons, qui passent de longs mois retirés hors du village. Ses gestes gracieux imitent ceux des femmes et sont censés transmettre la fécondité aux spectateurs ; les larmes du visage sont souvent lues comme l'expression de la fierté et du chagrin des mères séparées de leurs fils. La danse honore ces mères tout en rappelant, sur la place publique, les rôles attendus de chaque sexe.

Le codex associe Mwana pwo à Cikunza, autre masque du mukanda, lié à la chasse et à la fécondité mais de caractère très différent. Les sculpteurs chokwe ont continué d'en produire au XXe siècle, en adaptant coiffures et parures à leur époque, et les exemplaires conservés dans les musées ne doivent pas faire oublier qu'il s'agit d'un masque de danse, pensé pour le mouvement et le costume.

Attributs

  • masque au visage scarifié
  • coiffe élaborée
  • costume moulant en fibres

Généalogie

Entités liées
Cikunza, Mukanda

Notes

Le fait qu'un homme incarne traditionnellement cette figure féminine illustre la complexité des rapports de genre dans la ritualité chokwe, où la performance rituelle ne reproduit pas nécessairement une répartition genrée simple des rôles.

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Sources

  • Bastin, M-L. (1961). Art décoratif tshokwe
  • Jordán, M.A. (1998). Chokwe!: Art and Initiation among Chokwe and Related Peoples

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