Ọbàtálá

Divinité

Aussi connu·e sous : Obatala, Orisanla

Yoruba

Orisha de la création et de la pureté, chargé par Olodumare de façonner les corps humains dans l'argile avant que le souffle de vie ne leur soit insufflé. Associé à la sagesse, à la patience et à la couleur blanche.

  • création
  • pureté
  • sagesse
  • artisanat (poterie/sculpture)

En détail

Ọbàtálá, souvent appelé Òrìṣàńlá, « le grand orisha », est l'une des divinités les plus anciennes et les plus respectées du panthéon yoruba, au sud-ouest du Nigeria et au Bénin. Les récits lui confient deux tâches fondatrices : descendre du ciel pour créer la terre ferme sur les eaux primordiales, puis modeler dans l'argile les corps humains auxquels Olódùmarè, le dieu suprême, donne ensuite le souffle. Il est aussi le « roi du tissu blanc » (ọba àlà), celui dont la blancheur dit la pureté, le calme et la sagesse qu'on attend des anciens.

Le mythe de création le plus connu, rapporté notamment par E. Bolaji Idowu, raconte qu'Olódùmarè lui remit une coquille remplie de terre et une poule pour étaler cette terre sur les eaux. En chemin, Ọbàtálá s'arrêta, but du vin de palme et s'endormit. Oduduwa s'empara des objets et accomplit la création à sa place, à l'endroit qui devint Ile-Ife. Une autre version du même excès de vin explique que certains humains façonnés par un Ọbàtálá ivre soient nés avec un handicap. Ses fidèles s'interdisent donc le vin de palme, et le dieu est devenu le protecteur des personnes nées avec un handicap physique, qu'on lui dit consacrées. La rivalité avec Oduduwa, ancêtre des rois d'Ife, n'est pas oubliée : chaque année, la fête d'Itapa à Ile-Ife met en scène le conflit entre les deux figures, qui oppose l'aîné spirituel au fondateur de la royauté.

Son culte est tout entier placé sous le signe du blanc et de la retenue. Ses prêtres et initiés portent le blanc, ses autels abritent des objets blancs ou argentés, et on lui offre des escargots, des mets blancs, du beurre de karité. L'huile de palme, rouge, et le sel sont proscrits de ses offrandes. Ọbàtálá n'est pas un personnage unique mais une famille de divinités « blanches » (òrìṣà funfun) ancrées chacune dans une ville : Òṣàgiyán, le jeune guerrier d'Ejigbo, Òṣàlúfọ̀n, le vieillard d'Ifọn, et bien d'autres, chacune avec ses rites et ses interdits propres.

La traite atlantique a emporté son culte aux Amériques. Au Brésil, Oxalá est au sommet du candomblé et les « eaux d'Oxalá » ouvrent le cycle annuel des fêtes dans plusieurs grandes maisons de Bahia. À Cuba, Obatalá est rapproché dans la santería de la Vierge de la Miséricorde (Virgen de las Mercedes). Partout, il garde la même image : celle d'un père patient, lent à la colère, qui rappelle que la création elle-même a été marquée par une faute et que la sagesse consiste à en tirer une éthique de la mesure.

Attributs

  • couleur blanche
  • argile
  • étain

Généalogie

Entités liées
Olódùmarè, Ọ̀rúnmìlà, Yemọja, Odùduwà

Notes

Certains récits présentent Obatala en état d'ébriété au moment de façonner certains humains, ce qui expliquerait mythologiquement les handicaps physiques. Cette dimension du mythe est traitée par les pratiquants avec une charge symbolique de compassion plutôt que de stigmatisation, Obatala étant précisément le protecteur des personnes en situation de handicap.

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Sources

  • Idowu, E.B. (1962). Olodumare: God in Yoruba Belief
  • Bascom, W. (1969). Ifa Divination: Communication between Gods and Men in West Africa

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