Sande

Rite

Aussi connu·e sous : Bundu

Mende · Temne

Société d'initiation féminine, pendant du Poro masculin en Sierra Leone et au Liberia, encadrant l'éducation des jeunes filles, les rites de passage à l'âge adulte et la transmission des savoirs féminins traditionnels sous l'autorité de la société.

  • initiation féminine
  • éducation traditionnelle
  • féminité rituelle

En détail

La Sande est la société d'initiation des femmes chez les Mende de Sierra Leone et chez plusieurs peuples voisins du Liberia, comme les Vai, les Gola ou les Kpelle ; les Temne et les Sherbro la nomment Bundu. Elle est le pendant féminin du Poro masculin. Presque toutes les filles de ces sociétés y étaient traditionnellement initiées, et l'initiation faisait d'elles des femmes adultes, mariables et reconnues. La Sande est aussi l'une des rares institutions africaines où des femmes détiennent des masques, des secrets et une autorité rituelle qui échappent entièrement aux hommes.

L'initiation se passe dans un enclos à l'écart du village, pendant une retraite dont la durée a beaucoup varié selon les époques, de plusieurs mois, voire davantage, autrefois à quelques semaines aujourd'hui. Sous la direction des femmes de haut rang, appelées sowei chez les Mende et zoe au Liberia, les jeunes filles apprennent les chants et les danses de la société, les règles de conduite, les soins du corps, des connaissances sur les plantes et les remèdes, l'accouchement et la vie domestique. La sortie de l'enclos donne lieu à une grande fête où apparaît le masque sowei, figure de l'esprit protecteur de la Sande, dansé par une femme.

L'anthropologue Carol MacCormack a mis en évidence la dimension politique de la société. Les liens noués pendant l'initiation créent des solidarités entre femmes de villages différents, et les dirigeantes de la Sande peuvent s'appuyer sur ce réseau pour peser sur les affaires publiques. Au XIXe siècle, Madam Yoko, qui devint cheffe suprême d'une vaste confédération mende, s'appuya ainsi sur sa position dans la Sande pour asseoir son pouvoir. Chez les Mende et les Sherbro, plusieurs femmes ont exercé la chefferie, et l'appartenance à la Sande a souvent compté dans leur ascension.

L'initiation comprend traditionnellement l'excision, ce qui place la Sande au centre des débats sur les mutilations génitales féminines, dont la Sierra Leone et le Liberia comptent parmi les pays où la prévalence est la plus élevée. Au Liberia, les autorités coutumières ont signé en 2022 une suspension de trois ans des activités de la Sande, avec le soutien du gouvernement, mais la presse locale a rapporté que des camps continuaient de fonctionner. Le débat oppose des militantes, souvent issues de ces communautés, qui réclament l'abandon de l'excision, et des membres de la Sande qui défendent l'institution comme un pilier de l'identité et de l'autorité féminines. Certaines communautés cherchent une voie intermédiaire : conserver l'initiation et son enseignement en renonçant à l'excision.

Attributs

  • masque sowei (unique exemple documenté de masque africain traditionnel porté exclusivement par des femmes)

Généalogie

Entités liées
Poro, Sowei

Culte contemporain

Reste active en Sierra Leone et au Liberia contemporains ; ses pratiques historiquement liées à l'excision ont fait l'objet de débats internationaux importants sur la santé et les droits des femmes, entraînant des réformes dans certaines communautés.

Notes

Le sujet des mutilations génitales féminines historiquement associées à certaines initiations sande fait l'objet de débats de santé publique et de droits humains majeurs, et continue d'évoluer, y compris au sein des communautés mende et temne elles-mêmes.

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Sources

  • MacCormack, C.P. (1979). Sande: The Public Face of a Secret Society
  • Boone, S.A. (1986). Radiance from the Waters: Ideals of Feminine Beauty in Mende Art
  • MacCormack, C.P. (1972). Mende and Sherbro Women in High Office

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