Yemayá

Divinité

Aussi connu·e sous : Iemanjá, Yemoja

Yoruba (origine) · communautés afro-cubaines et afro-brésiliennes

Orisha/orixá de la mer et de la maternité, l'une des figures féminines les plus vénérées de la santería cubaine et du candomblé brésilien, où de grandes fêtes populaires lui sont dédiées chaque année en bord de mer.

  • mer
  • maternité
  • protection
  • abondance

En détail

Yemayá à Cuba, Iemanjá au Brésil : cette divinité compte parmi les plus populaires des religions afro-américaines. Elle vient de Yemọja, orisha yoruba dont le culte, au Nigeria, est rattaché au fleuve Ogun et à la région d'Abeokuta. En traversant l'Atlantique, la mère des eaux douces est devenue la maîtresse de la mer, protectrice des pêcheurs, des mères et des familles, et l'une des figures féminines les plus présentes du paysage religieux de Cuba et du Brésil.

Dans la santería cubaine (ou Regla de Ocha), elle est souvent décrite comme la mère universelle, celle qui a donné naissance à la vie et à de nombreux orishas. Elle se décline en plusieurs « chemins » (caminos), chacun avec son caractère, et porte le bleu et le blanc. Le catholicisme populaire l'a identifiée à la Vierge de Regla, patronne de la baie de La Havane : chaque 7 septembre, des fidèles venus de toute la ville se rendent en procession au sanctuaire de Regla, de l'autre côté de la baie, avec fleurs, bougies et offrandes. Le chiffre sept revient dans nombre de ses rites et offrandes.

Au Brésil, Iemanjá est au centre de fêtes de plage parmi les plus grandes du pays. À Salvador de Bahia, la principale a lieu le 2 février dans le quartier de Rio Vermelho : elle remonte à 1923, lorsque des pêcheurs inquiets de la rareté du poisson décidèrent de lui porter une offrande, et elle est aujourd'hui la plus grande manifestation publique du candomblé dans l'État. À Rio de Janeiro, la nuit du 31 décembre voit des foules vêtues de blanc déposer des fleurs et de petites embarcations chargées d'offrandes dans les vagues, qu'elles soient pratiquantes ou non.

Ce passage du fleuve à l'océan illustre la manière dont les divinités africaines ont été recomposées dans les Amériques : c'est la mer, celle de la traversée, qui est devenue le domaine de la mère. Le codex permet de la rapprocher d'autres figures des eaux, Ọ̀ṣun, divinité yoruba des eaux douces, et Mami Wata, esprit des eaux honoré sur les côtes africaines et dans la diaspora.

Attributs

  • couleurs bleu et blanc
  • coquillages
  • éventail

Généalogie

Entités liées
Omolu, Candomblé, Santería (Regla de Ocha), Yemọja, Olókun, Umbanda

Culte contemporain

La grande fête du 2 février à Salvador de Bahia (quartier de Rio Vermelho) et la nuit du 31 décembre sur les plages de Rio de Janeiro rassemblent chaque année des foules considérables, croyantes ou non ; à Cuba, la procession du 7 septembre vers le sanctuaire de la Vierge de Regla lui est associée.

Notes

Bien qu'issue du panthéon yoruba, où elle est associée aux rivières plutôt qu'à l'océan, sa fonction et son iconographie se sont largement recomposées dans le contexte diasporique atlantique.

Tags

Sources

  • Verger, P. (1957). Notes sur le culte des orisa et vodun

À lire aussi