Exu

Divinité

Brésiliens (candomblé, umbanda)

Orixá des carrefours, de la communication et de la médiation entre les mondes dans le candomblé et l'umbanda brésiliens, descendant direct d'Èṣù yoruba mais recomposé dans une théologie brésilienne spécifique, notamment dans l'umbanda où il tient un rôle distinctif de protecteur combatif.

  • carrefours
  • communication
  • protection
  • médiation

En détail

Exu est, dans les religions afro-brésiliennes, l'orixá des chemins, du mouvement et de la communication. Il descend directement d'Èṣù, le messager du panthéon yoruba, dont le culte a été apporté à Bahia par des captifs originaires du sud-ouest de l'actuel Nigeria et du Bénin. Comme son modèle africain, il est l'intermédiaire obligé entre les humains et les autres divinités : sans lui, rien ne circule, ni les offrandes, ni les demandes, ni les réponses.

Dans le candomblé, cette fonction se traduit par une règle rituelle stricte. Avant toute cérémonie publique, on lui adresse le padê, une offrande dont le nom vient du yoruba ìpàdé, « réunion », afin qu'il laisse la fête se dérouler sans trouble. Exu y reste un orixá unique, aux multiples facettes, dont la théologie demeure proche de celle d'Èṣù. L'umbanda, religion née à Rio de Janeiro au début du XXe siècle en mêlant héritage africain, catholicisme, spiritisme kardéciste et figures indigènes, a profondément transformé ce schéma : « exu » y désigne toute une catégorie d'esprits de morts, le « peuple de la rue », chacun avec son nom et sa personnalité, comme Exu Tranca-Rua ou Exu Caveira, et leurs équivalents féminins, les pombagiras. Ces esprits passent pour avoir connu de près les marges de la société, et c'est précisément cette expérience qui les rend efficaces pour résoudre les problèmes très concrets de ceux qui les consultent. La quimbanda s'est spécialisée dans leur culte.

Cette multiplication en esprits urbains individualisés est une création brésilienne, sans équivalent direct en pays yoruba. Elle s'est accompagnée d'une lecture négative héritée du catholicisme et du spiritisme, qui a assimilé Exu au diable ou à un esprit « peu évolué ». L'anthropologue Stefania Capone a montré que l'umbanda et le candomblé forment moins deux mondes séparés qu'un continuum, et que la figure d'Exu est au cœur des stratégies de « réafricanisation » de certaines maisons de candomblé, qui revendiquent un Exu orixá, distinct des esprits de l'umbanda comme de l'image démoniaque. Le codex présente ses parents africains et caribéens, Èṣù chez les Yoruba, Legba chez les Fon et Papa Legba en Haïti, qui ont connu le même contresens.

Généalogie

Entités liées
Èṣù, Papa Legba, Candomblé, Umbanda

Culte contemporain

Central aux cultes candomblé et umbanda contemporains au Brésil, où sa figure a été partiellement diabolisée par l'influence du catholicisme populaire et du kardécisme, une lecture combattue par les pratiquants eux-mêmes.

Notes

La diabolisation populaire d'Exu au Brésil (parfois associé à tort au diable chrétien) reproduit un schéma déjà observé pour Èṣù et Papa Legba : la persistance d'une lecture missionnaire réductrice sur des figures théologiquement complexes.

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Sources

  • Prandi, R. (2001). Mitologia dos orixás
  • Capone, S. (1999). La quête de l'Afrique dans le candomblé

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